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Jeudi 10 novembre 2005

Viens. Approche. Dépose ta peur en moi. Fabrique le scénario. Comme un soleil qui fond sur une langue velu. Sur ta langue qui gomme les sucides endiablés des amours d'autrefois. Viens. Approche en moi. Pose. Dépose. Pose ton doigts sur le nombril humide. Dépose tes tremblements entre des cuisses lourdes de solitude. Détruis le silence de mon corps. Tappe avec ton pied dans cette eau trop calme. Cet égôut de vapeur. Improvise-moi et viens. N'ai pas peur, viens. Mon sexe est plus grand que tout les ciels, plus fragile qu'une dentelle mal lavée, peinte de gras. Hymen littéraire. Viens. Approche. Trempe la hâche dans la sauce. Et si en passant, tu trouves ça brûlant, rapproche toi encore, gère mon souffle, contrôle mes hurlements crissant comme l'ongle sur la peau. Qui dérappe. S'agrippe. Comme sur une pâte de bougies fondues. Se cramponne aux étages du désir meurtrier. Approche. Fais germer la maladie. Propose leur à ces Dieux roux, l'amour comme un tronc planté dans un sexe vide, dans une cour. Un tronc béant qui haléte sur les graviers du sexe immense. Propose-leur et viens, approche. J'ai les narines qui remuent comme un taureau sans draps rouge. Viens. Les bijoux se cassent sur ma peau trop dur. Comme un rochet. Et les cils tombent comme des dragés sans nouveaux-nés. Plus rien en moi ne fonctionne. J'ai la main qui tombe sur la cuisse comme un cadavre d'une falaise. Sucide ce désir. Viens. Mes omoplates s'écartent comme des branches en hiver. Et ma chaire devient rouge sang comme la viande crue. Mes lévres sont gonflés de sang. Prête ou presque, à gicler. Le sang monte à l'épiderme. Le coin des lévres se retroussent. Comme des babines. Plus rien en moi ne fonctionne, plus rien en moi ne circule. N'ai pas peur. Ma peau se tend sous les riviéres immondes. En dedans. J'ai le coeur qui bat dans la bouche comme un poisson sans eau, et qui gesticule, sanguinolant et gluant comme ta bouche qui me cherche. Viens. Prend les cheveulures blondes et fais les tourner autour de moi. J'ai l'amour brun. Sombre comme le jour qui s'éclate contre une vitre de sperme. La lévre qui pend d'une louve en chasse. La fenêtre est ouverte et tes poils sont dans le panier d'osier du Chaperon rouge. Rouge comme mes ovaires qui traînent au fond de la poubelle. Viens. Plus rien en moi ne fonctionne. Taille moi un sexe de statue sans fins. J'ai les collants qui se trouent comme des ampoules qui éclatent. Trop usés et brillants. Viens. Je ne peux plus te le répéter, parce que je ne peux plus parler. Mes dents sont tombées dans l'évier comme des légumes en or. Ma langue se tord sur elle-même. Ma gorge est crispée comme un noeud. Mon cou se plie aux exigences du manque. Mes doigts se cassent comme du verre brisé. Et mon ventre, mon ventre, lui, s'échoue comme une vague propulsée sur un sexe qui la mangerait. Un sexe qui ouvrirait grand la bouche pour avaler l'eau salée. J'ai le ventre du sel, piquant comme une grimaçe de douleur. J'ai le ventre fiévreux d'une tempête de mer. D'un océan qui vient mourrir sur la peau de ton sexe. Je ne peux plus te demander de venir. Plus rien ne fonctionne. J'ai le corps en retrait de mon propre corps. Un corps qui se reproduit sous des lames molles et humides de ta bave sans gaieté. Je fend le tronc qui perd haleine dans le fond du gouffre. J'ai le corps qui échoue, comme une victoire manqué. Je meurs de plaisir.

 

C.

 

Par Delerive - Publié dans : kriziaii
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Samedi 5 novembre 2005

[ Il y'a un corps contre le mien qui ne fera aucun bruit. Je l'écris avant de le trouver. ]

[ Je m'appuie sur Dieu. Il tombe à la renverse. C'est un miracle ordinaire. Une journée est née. ]

J'entre dans la chambre d'amis. Je suis dans la façade, dans le droit, le modéré. La chambre d'amis. C'est toujours cette même angoisse qui prend. Etre dans la chambre d'amis. Regarder les murs. Garder le corps fermer. Caresser le bord du lit. L'angoisse de la solitude de la chambre d'amis. Je suis l'amis. Je manque à l'appel. La vie s'éteind en moi, dans la chambre d'amis. Je deviens ma propre adversaire. Dans cet endroit. Je baisse le sexe à toute allure. Je noie le monde dans cette chambre d'amis. L'espace s'ouvre sur une colline qui se fond dans la bouche d'une danseuse. J'ai mal aux mots. Je me lave et le matin ne m'appelle plus. Les nuits sont inaccessibles. Le soleil brûle dans un tiroir vide. Trop vide. Comme moi et cette chambre d'amis. Je n'arrive pas, vraiment, à m'évanouir, mais j'aimerai. J'ai l'air d'écouter. J'ai l'air tellement attentive, que je me fais mal. Tout ça c'est un précipice que je saisis rapidement. La chambre d'amis. Une vitesse exagéré. Tout se déroule ensuite, quand je ferme la porte à clé. Quand je suis en accord avec ma violence, avec la violence qu'on me propose. Je suis seule avec mon propre corps, mon propre sang dans la chambre d'amis. Là, où tout doit se dérouler. Le déroulement. De la peau. Je suis aménagée pour diminuer mes actions. Tout est dans la retenue. J'annonce que le soleil brûle et que c'est une puissance que vous ne connaissez pas : la pussance de l'intime.

[ Quand elle ouvre la bouche, j'y dépose quelques mots en silence pour mieux respirer. L'amour soulage de l'écriture. ]

Je sais que Pauline aime M, mais parfois je l'oublie.

[ E dit "montre-moi ta chambre d'enfant" et j'ai envie de lui ouvrir mon ventre. ]

Je rêve souvent d'un homme qui dirait "je ne rentre pas ce soir, ni demain, mais peu importe puisque tu m'accompagnes".

Quand L dessine je me demande si elle souffre. Si ça parle de tristesse. Elle dessine des fleurs mais elle a les mains moites comme si elle voulait atteindre quelque chose. Je crois que la beauté est douloureuse parce qu'elle est incapturable.

[ On peut vivre sans écrire. On peut écrire sans vivre. Finalement, l'on a besoin de rien. ]

R dit "on m'a parlé de toi".

Je sais que l'écriture prend toutes les positions du corps. Et que je cherche celle qui m'empêchera d'y laisser toutes mes traces. Il y'a cette phrase de Romain "tu es trop dans l'écriture". Nina a dit "dans mon cas, il faut écrire pour se faire aimer".

Maman dit "tu n'es pas dans le réel, ni ailleurs, on ne sait pas d'où tu viens".

[ Quand je parlais à Chloée, je retirais ma peau sous des projecteurs timides. ]

[ Quand elle met son manteau en cuir je pense à une peau qui attend d'être brûlée. ]

R habite une petite maison, avec une petite chambre et des petites fenêtres. Je me sens chez moi comme d'un amour qui prend trop de places et qui déborde chez le voisin.

Le soleil est une flaque d'eau malheureuse parce qu'il n'y a pas plus lumineux que lui.

Les bruits de la nuit ressemble à ceux qui manqués le jour. La nuit devient une consécration.

[ Un homme tombe d'une femme et mord dans sa poitrine comme il se rattraperait à la derniére branche. ]

Les diamants s'éloigent à quattre pattes. Pendant que les femmes à genoux récitent des poémes. Je regarde les lits dans l'obscurité. Et mes yeux se transforment en cygne baignés d'encre. Le joaillier frappe du talon la tête des rubis. Les poémes sont nés dans les draps masculins. Pendant que je cherche les images, les bijoux se font d'eux-même et je les râte.

[ Marie et moi ]

Nina. Je suis dans mon plaisir incapturable. Dans un secret tellement connu. Une réelle recherche. Sans fanatisme. Comme quelqu'un que j'aurai connu il y'a longtemps déja et que je tentais de retrouver. H a dit "nous prenons la peau des autres qui nous ont envahis". J'écris pour ceux qui laissent leurs corps derriére sois en me lisant.Je ne copie pas Nina, nous parlons de la même chose.

C/

 

Par Delerive - Publié dans : kriziaii
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Lundi 31 octobre 2005

[ Il y'a cette phrase :"tu donnes faim". L'écriture vient de cette phrase, de ce rôle offert. ]

 

 

C'est facile de devenir celle dont tout le monde parle. A dit que je suis l'ombre de Bouraoui. Et quand je tiens le livre dans ma main, tout me revient.

L'échelle de l'abandon. Le sous-sol interdit. La racine sous la pierre. Le ventre sous langue.

Tout me revient. J'ai 8 ans et je connais déja. Les origines de la peur. Le calme de mon corps. Je suis déja dans le corps humide. Le fond sec. Le corps suant, riviére musical. Je suis déja l'enfant qui coule. Transparente. Blanche priére. A 8 ans, pas encore perçée d'ordres, la seule force dans la faiblesse. Je suis déja, une cachette infinie. Une tentation dans le miroir. Maman disait que j'étais dangereuse quand je dansais devant la glaçe en pleurant, comme pour atteindre mon corps. Tu es dangereuse. Dangereuse et transparente. L'enfant sans peines. Dans la richesse de l'harmonie. Un coquillage minuscule qui respire sous le sable. Sans boulversements. Un muscle océanique.

Et puis, il y'a eu la confidence. Celle qui s'aggripe au cou. La premiére. Il me reste un peu de toi sous les ongles. Mon début de nuit. Ton visage gras et doux. Où rien ne se passe. Un lieu où il faut tout construire. Un visage vide et calme. Un visage qui vient loger dans le corps. Tu dis aujourd'hui, avec le recul "tout se passait dans la mâchoire". C'est que je ne sais pas écrire, c'est que je n'ai rien à raconter. C'est qu'il me fallait une scéne, qui grondait en moi. 8 ans, tu avais le pouls accéléré. Le sommeil paisible. Le coeur obése. L'haleine tiéde. Nuque. Course. Pieds. Route. Bruit. Tu ne t'effondrais jamais. Et je défilais, devant toi, sur la place de l'enfance. Carnaval, j'étais sans étages. L'enfant armée qui ne sait pas se servir des fusils. L'innocence effrayée par elle-même. Tu aimais, confidence, tu aimais mes genoux propre, sans blessures, et quand je sautais dans l'eau sans éclabousser. Je ne laissais rien sur le passage. Je ne frappais sur rien. Je fondais en moi. Je vais te déguiser, je vais te déguiser, maintenant que j'ai 17 ans, maintenant que je sais l'impact de la peau, maintenant que mon parfum colle aux arbres, maintenant que ma violence est dans le secret. Maintenant, que j'ai la poitrine belle et inutile,un corps grand comme le monument, la tristesse dans la créche, l'enfance en miettes dans les creux. Tu avais des tresses trop courtes. Je tirais. J'entend encore maman dire d'en bas, un peu embêtée, un peu honteuse "vous savez, elle ne comprend pas ce qu'elle dit, elle ne se rend pas compte". Aujourd'hui maman dit la même chose quand elle me lit. Je fais le rapport. Confidence. Tout me revient. Angélique. Je dis ton prénom. Angélique. On va te reconnaître, ma confidence. Tu étais inquiéte. Tout me revient. Tu aimais mon rire, tu disais "un rire de fille". Maman disait. D'en bas. Honteuse. Tout me revient, quand je tiens Nina dans mes bras. Et c'est trop brusque. Je dois placer mes idées. Monsieur, je cherche le corps de l'écriture dans toutes les rues. Aucun ne correspond à ce vertige. Angélique. Je dis ton prénom. Tout me revient. Mes 8 ans. La maîtresse qui croise les jambes et ma tête qui tourne. Hier soir, j'étais dans ses bras, et je me laissais caresser. Monsieur, vous savez, ça m'embête, j'ai peur d'aimer. Et là, il faut que je fixe mes idées. Brouillon. J'ai l'écriture brouillon. Comme un raz de marée. Rien ne se fixe. Je dois fixer mes idées. Angélique. Tout me revient. Ton heure et ces murs qui tombaient lentement, lentement. Pardon Angélique si tu lis ça. On va te reconnaître. J'avais déchiré mes collants en laine, et ouvert la porte. Je suis arrivée, j'ai ouvert la porte et je suis entrée, dans cette chambre. J'ai déposé mon odeur. Tu disais "tu as une odeur de poupée neuve". Hier soir, j'étais dans ses bras, je crois. Monsieur, sortez, je ne veux plus écrire, laissez-moi tranquille. Angélique. J'arrivais avec un corps comme une adresse. Aujourd'hui, je suis presque propriétaire. J'entend Pauline dire "je n'ai pas mes propres pensées, parce que je n'ai pas mon propre corps". C'est à ce moment là, que je loge en moi. Que je m'installe dans cette peau. A 8 ans. J'entend encore la maman d'A qui dit "elle doit être dérangée". Non, occupée. Oui. Pas dérangée. Rien ne me dérange. Tout m'occupe. Je suis occupée par moi-même. On m'occupe. C'est si simple de mentir, d'être celle dont tout le monde parle. Je suis arrivée brûlante comme un soleil timide. Angélique. 8 ans. Tu disparais sous les draps. Je veux jouer. Je suis si mince. Tu es grasse. Tu étais l'eau du bain trop froide. Je suis entrée. J'ai jeté tes poupées sur ton lit. Et je suis montée. Je suis montée sur toi. Monsieur, je veux allez jusqu'au bout de l'écriture, ce qu'on imagine pas encore. J'entend encore Maman expliquer à ton pére paniqué "elle ne comprend pas ce qu'elle dit". Je suis montée sur toi, et je t'ai griffée doucement. Ce n'était pas dans la violence. Non, c'était autre chose. Une panique. Et je t'ai dis, là je t'ai dis ça, la confidence. Là, oui, je t'ai dis, sur toi, sur l'étouffée : "je veux t'arracher la peau". Angélique, oui je t'ai dis ça, et je ne voulais plus que tu sortes des draps, je me suis allongée sur ton ombre. "Elle ne comprend pas ce qu'elle dit". Pardonne-moi Angélique si tu as cru mourrir. C'était avec toute la violence de l'enfance trop mouillée. C'est si facile, d'être celle dont tout le monde parle. Monsieur, laissez-moi allez au bout de l'écriture. L'enfance glissante. Sans matiére. L'enfant pendante sous les mains. Je veux t'arracher la peau. Tout me revient. Et c'est ça ma confidence. Tout me revient quand je tiens Nina dans les mains. Il me fallait une scéne. Maintenant, tu publies des livres, et tu dis "j'écris depuis toi". Tu as dis ça Angélique. Toi et moi l'écriture secréte. Il y'a des débuts partout, sur nos corps. Pardon d'ouvrir la scéne. Ca aussi c'est ma confidence : la naissance de l'écriture. Angélique des vents, je suis partie à la chasse, depuis j'ai 17 ans. Des terres qui nourrices comme ce que je tiens dans les mains. Nina, la louve sans pattes.

J'entend aujourd'hui ma mére qui me lit et qui dit "elle ne comprend pas ce qu'elle écrit". Mais ça Angélique, elle ne sait pas, tout ce qui me revient.

 

C.

Par Delerive - Publié dans : kriziaii
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Vendredi 28 octobre 2005

Maintenant je vais écrire. Maintenant, là.

Je n'ai encore jamais vu la lumiére dans un corps qui n'aveuglerait pas l'image de mes obsessions. J'ai le pied qui traîne derriére mon corps, comme une queue de renard brûlée. J'éclaire le visage de la démangeaison. Je ne sais pas pleurer. Parfois, je me sens comme l'eau, incapturable à moi-même. Je prépare une vie aux amours. Tout peut s'arranger. Mes os traînenent dans les journaux intimes. Je suis dans le régime de l'amour. J'épuise la plume. Je suis l'aventure qui gonfle dans le sang sans déborder.

J'ai les seins comme des pierres molles, je le dis à S. Je lui écris.

"Je suis le petit manque quand tu traverses ton corps. Quand la main parcours la bosse sans fin. Je suis le geste de colére qui dévaste. J'ai rêvé de toi. Rêvé oui. Les draps sont mouillés, ils n'ont pas partagés, tu as serré la ceinture. Il faisait noir. J'ai rêvé. Noir comme la chair en pâture. Comme la chair animal, tendu, et dévastée, pauvre. La chair noir. La viande, en dessous. Le rouge qui jaillit ensuite. Qui se propulse. Une voix d'entraille sous le couteau. Je ne sais pas me défaire de ma violence. Et je le cache. Ca m'arrive dans le bus, dans le métro, dans la rue. Je n'arrive pas à poser le regard. Ca me souléve le coeur. Je n'y arrive pas."

Je n'ose pas continuer. J'hésite. Là, ça touche. Je pourrais le dire à E, C, P ou encore S. Je pourrais le dire à Henode, ou J. Dire que là, c'est l'obsession. Je suis dans le point de mire. J'ai la fléche qui éjacule. Là, maintenant, à ce point précis, le corps danse sur la terre inconnue de l'écriture. Celle qui obséde. Tourne. Tourne. Le sujet du monde. Je me répéte. Le sujet du monde. Là, à ce moment précis. Je pourrais le dire. S, je te le dis. C'est comme la nuit derniére, quand tu as craqué tes mots, dans le noir. C'est comme cette sensation, qui supprime la lumiére, le corps se craque, sans bruits, le corps céde. Le visage en plastique, je deviens nouvelle. Et toute ma vie, j'essairai de poser les mots, sur cet amour répugnant de l'écriture, qui prend les yeux pour les arracher et ne laisser que des trous baignant de ciels ouvert. Toute ma vie. C, je te le dis. Tu ne comprends pas. C'est comme Romain qui te mord l'ombre blanche de ta lévre inférieur. Jusqu'a la faire saigner. C'est ce mouvement que tu as eu pour le faire reculer. C'est ce silence de la honte. C'est ce sang qui coule, sucré et amoureux. C'est ta gifle à toute volée ensuite. C'est Romain, qui te retient violemment par le bras, c'est la vulgarité de sa grimaçe. Ca ressemble à ça. Là maintenant. C'est cette brûlure sur la chaire fines des lévres qui gonflent sous les dents qui mordent, et serrent, serrent. Toute ma vie, à décrire ce moment là. Je te le dis P, c'est comme ces garçons qui mettent la main sur toi, c'est comme cette violence, et cette douche que tu prends ensuite pour te laver, c'est cette lutte contre le désir, et cet évanouissement du noeud qui bave. C'est l'émotion éteinte. Toute ma vie, vraiment. Toute ma vie. Ce vertige. Adorable vertige primaire. Je te le dis N, l'image des boyaux dans le corps qui font craqueler la peau, comme un volcan, comme la terre trop séche. Cette image du corps de l'intérieur qui engraisse le corps de l'éxtérieur. C'est cette dualité élégante. De la chair sous la chair qui étouffe. Un corps sous le corps qui pousse, arrache, inonde. Une dent qui dévore le visage entier. Toute ma vie, oui, toute ma vie. Toute ma vie, encore. Toute ma vie. Encore. Encore. Toute ma vie. Vraiment. Je te le dis E, c'est comme quand tu dis "le chant de lune aprés la pluie, les cheveux courts, la chemise blanche d'homme et la poitrine timide et tiéde de femme en dessous, la trace des mains sur le mur, les visages des autres, ma cigarette, tu es magique Charlotte". Je te le dis E, ça ressemble à ça. Ton abscence. Et Romain, ça ressemble à ça "L'intime". L'intime Romain. Tous. Toutes. L'intime. Lire l'intime. Pleine. Pleine d'intime. Je met une échelle sous mon coeur. Trempée. L'intime trempée. Toute ma vie, à décrire cette position du corps qui refuse. Je te le dis J, ton pére qui meurt. C'est ça. Ca ressemble à ça. Et l'hystérie qui vient ensuite. Ton pére est mort. Tu danses. Ton pére est mort mais tu danses. Je m'en souviens J. C'est ça. L'écriture. La même réaction du corps qui sait, et qui ne veut pas admettre. Du corps qui perd la raison. Là, je suis sans raison. J'arrive à un stade où je suis sans raison. Ton corps dansait, ton pére venait de mourrir. Tu es comme un arc tendu qui va tirer. Mais tu ne pleures pas encore. Tu danse et tire les cheveux. Je suis dans la même folie que toi, là maintenant. Je m'en rend compte. Je ne pleure pas encore. Ca ne parle pas de tristesse. Ca parle du mystére. Comme l'écriture. Quelque chose qui dépasse. Comme la mort. Comme la morsure. Le viol Pauline. L'intime Romain. L'abscence E. L'amour C. Une cave qui se ferme. Une cave aux trésors incompréhensibles, et gigantesques. L'enfermement Nicolas. En soi-même. Là, je suis dans l'écriture. A ce moment précis. Tous et toutes. Toute ma vie. Ca n'est pas triste non. C'est un éclat de rôchers brûlants. Chloée, c'est ton amour pour les filles. C'est la sueur de Papa quand il n'ose pas pleurer. C'est P-A qui gonfle son torse pour se retenir de frapper. Et une solitude bavarde. C'est cette nuit là, dans les bras de C, à caresser ses cheveux. Sans tristesse. Pleine. Pleine d'intime. Là. Je continue.

"J'arrive pas à regarder. Une peau noir. Désir violent. Comme celui d'écrire. Je dois cracher. Oui, je sais. Ouvre la bouche. Défait ton sexe comme un noeud. Que j'y plonge des mots crémeux. Oui. J'ai rêvé de toi, dans le noir. Comme si c'était flou, comme si je ne savais pas. Nos corps se ressemblaient. Et je n'osais approcher. Comme une peau noir. Tu avais fermé la porte à clé. Et tout les mots, de l'intérieur, éjaculé sur ton ventre. Riviére poisseuse. La chair tendre et rose sous la peau noir et dur comme du cuir. Il y'a de la douleur dans la peau noir. La douleur de ne pas savoir atteindre. Que le couteau meurt dans l'épiderme du sexe. J'essayais. Je me souviens. Tu as giflé. C'était brut. Les danseurs ouvrent le crime. Tu as ris, il le faut, il faut que tu ris. Je voudrais que tu étouffes dans ma poitrine, en riant, je serrais trés fort. Je voudrais nouer ton rire comme une couronne. Avaler tes ongles."

Là, je suis dans la supposition de la délivrance. Là, les mots n'ont plus de sens. Toute ma vie, à décrire. Toute marée haute vie conquête comme un astre qui éclate dans l'exception du mot qui piétine le dernier pied visage vie de bois visage de bois bois de vie dentelle de l'agile aigle amour de la forme du mot qui voyage monte toute marée toute vie toute la vie vie la marée je piége disperse sais plus écrire. Ecrire.Là. Ecrire. Ce n'est pas assez. Et là, maintenant, toutes tous toute ma vie, je m'effondre.

J'éclabousse.

Je baisse le sexe, les yeux.

 J'éjacule l'incompatible.

"Je ressemble à un masque qui se léve avec grâce, quand on le gifle. Je ressemble à une écriture docile et malade. J'ai les seins comme des pierres molles. Je confond. Rencontre-moi. J'ai rêvé de toi. Enfante. Créve dans ma bouche. "

Par Delerive - Publié dans : kriziaii
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Mercredi 26 octobre 2005

J'ai les cheveux mouillée par la pluie, et le coeur embaumé par ma vie. Je pourrais vous dire aussi, que j'ai la peau comme un jour intime et que la route de sa bouche à ma poitrine est bossu comme la prostituée.

 

Je mettais une écharpe autour de son bassin, et je serais trés fort, je disais qu'il ne fallait pas attraper froid, surtout pas, non. Ne pas attraper froid. Ne pas attraper la créve. Je faisais un noeud, qui étouffait sa peau. Je plaquais mon corps contre elle ensuite. N'attrape pas froid. Et je mettais un préservatif sur sa langue. Protége-toi. Je lui disais "Protége-toi". Et je l'embrassais. Surtout, se protéger. Ne pas attraper froid.

 

 

 

Si vous aviez vu, Monsieur.

 Les femmes qui lâchent leurs ombres dans l'égôut en chantant que les visages sont dans la nuit, vous leur auriez demandé si elle avait un premier étage.

Si vous aviez vu Monsieur. Vu.

 

L'inceste est heureux, quand j'écris. Je suis légére, légére, légére, sans prénoms, avec toutes les voix du monde.

Elle perd son haleine dans mon cou. Je suis avec la danse des angoisses. Contre elle. J'ai les muscles qui tappent comme une hache. J'ai la peau fondu dans la salive. Mon sexe est une chanteuse rauque sans cigares. J'ai demandé qu'ils se taisent. Tous. Qu'ils me laissent faire quelques pas, vers le coeur sexuel qui piétine dans mon piano pudique. Je n'ai pas de dentelles, et je leur ai écrit une lettre, sur un papier peint tâché de sang, que je n'étais pas une fille. Regardez-moi, je ne suis pas une fille.

 

Je monte sur sa poitrine, comme sur une montagne en clou. Qui a mon visage ? Est-ce que quelqu'un à vu mon visage ? Et s'il est au bout des draps, frappe avec les pieds, frappe et pousse-le, que son bruit lorsqu'il tombera sur le parquet, nous fasses rire.

Qui a vu mon visage ?

Quand je m'en vais, je chatouille ton silence. Elle ne disait rien, quand je m'en allais. Elle disait ensuite "c'est comme un plateau libre tu sais, un plateau libre, une scéne de théâtre sans comédiens, un endroit creux pour l'inspiration, sans corps, sans briques, j'ai les yeux qui pique".

Laissez-moi faire trois pas et être la premiére femme à dire que je ne suis pas une femme. Je ne pourrais pas vous le prouvez. Il aurait fallu voir le vertige qui mord la pupille, qui gifle les dents. Comme les mots. là. Ceux-là, et d'autres là bas qui courrent vers vous. Comme les mots et leurs démangeaison. Je suis démangée. Oui, je suis démangée. Je sors de la chambre, je la quitte, halétante, engrossi de mes énigmes, je fais trois pas, je claque la porte comme je referme mon sexe de femme,qui a laissé entrer un cortége publique vers un champ brûlé.

"Charlotte elle est graçieuse et pleines de tensions".

Une chouette morte au fond du jardin.

Je dis "Papa, j'ai l'impression d'être sous ma peau".

 

 Elle a dit : "aujourd'hui dans le métro. Les mots heurtent, ils saignent, je ne veux pas dire ça au hasard, c'est comme la texture du sang, sa moiteur, son odeur argentée, cette viscosité intime étalée partout, sur les pages."

 

 

 

 

:Elle a continué : "Je n'arrive pas à comprendre l'homosexualité. le corps, c'est l'ambivalence, de partout. la liberté. Ne pas clore. ne rien clore. Les cuisses timides, le lait sur la peau froide. Les hommes me font peur parfois, parce que je n'ai connu qu'une fille, sans cette douceur que l'on attribue au fille, je l'ai connue avec la violence, la fulgurance de l'amour avant toute chose. Je me suis cognée".

Mets ton manteau, défait ta capuche, et si les yeux sont chaud, vas brûler ta peluche.

Allez Joséphine.

Allez Joséphine. Si tu traverses sans regarder, j'irais jeter ma tasse de thé. Je metterais tes cendres, dans le Nil des draps. Allez Joséphine, tu verras. Tu diras aurevoir au lit défait, et j'irai cracher sur les violons dans la rue, qui te faisaient tousser, et qui éternuent.

Je te dis "fais-moi des rimes", et tu trépines.

 

Je te dis "je veux de belles paroles", tu deviens folle.

Tu diras aurevoir au lit défait.

Je te dis "une chanson qui fait de l'effet", ça te fait tousser.

Joséphine, Madame, faut pas faire attention, c'est un méchant petit garçon.

Tu m'as proposé que j'effile tes collants, j'ai dis "attends, attends".

J'ai pas de mélodies pour le moment.

Je te dis "allez on va composer", et je me met à t'aimer.

Allez Joséphine, ton pére est un musicien.

Attends attends, je retiens.

Tu dis "j'essai j'essai vraiment j'y arrive pas"

Je te dis "tremble pas comme ça, c'est que toi et moi".

 

Tu peux laisser mes lévres dansaient sous la pluie,

aujourd'hui je t'ai dis "pas de folies, pas de folies",

t'as pas compris t'as ouvert le parapluie.

Tu pourras me montrer le serpent,

Je te dirais que j'ai le temps j'ai le temps,

avant avant, de t'aimer sexe au carambar d'antan.

C.

 

 

Par Delerive - Publié dans : kriziaii
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