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Jeudi 25 août 2005

[ Et je trouverais que ça fera trop de bruit, alors je te demanderai de sortir. Esther Kahn, vous ne pouvez jouez si vous n'avez pas ressenti. La vie arrache l'intérieur du corps, je ne vous crois pas, vous hurleriez si vous viviez, vous faîtes semblant ]

Je nourris ma peau de ville dans une exhibition qui nage dans l'ombre. Qu'elle porte, qu'elle porte la voix muette et cassée de ma pudeur. Comme l'enfant qui ruine les nuits dans des seins mous. C'est la concentration du désordre. Quand je me déshabille à toi. Un nouveau ton. Une réserve de muscles. Je ne te comprend pas, je t'en veux, de me regarder. Les grains de beauté s'effondrent. Lentement, avec rage. Je t'en veux de ne pas me dire, que ma peau est sale. Que mon bruit est sourd. Ils s'effondrent comme la beauté des enfants qui se battent sous la lune. Avec rage. Rondeur. Je t'en veux de ne pas tirer, ce qui pend au bord. Je te déteste, tu accompagnes mes gestes. Tu dictes ce qui ne se fera jamais. Je suis protégée par les vitres. Les vitres de mon corps. Contre lesquelles tu cognes, la tête, les os, et la nausée de tes envies. La verre de mon sexe qui n'éclate pas malgré les coups. Je voudrais te voir attaqué par un fou, et rêver que ce soit moi qui pende à ton cou pour te supplier de descendre. Descendre les doigts. Descendre sous terre. Descendre dans la peau et toucher le jus. Descendre dans la souillure. Descendre comprendre ma laideur. Descendre violençer le fruit séché. Je t'en veux, de ne pas viser le corps interdit. Je t'en veux, de ne pas descendre, mordre le cheval mort. Descendre cogner le fer qui brûle. Descendre la bouche pour boire le nectar de mes veines brutales. Descendre mettre un peu d'eau sur la pierre. Descendre exploser la glaçe des seins de petites filles. Descendre sous tombe. La où la peau des morts est un soleil qui épuise, dans mon corps. Mettre le doigts pour presser. Sur la cloque de ma nudité comme du pain dans l'évier de mes timidités. Perçer ce qui tarde à échlore. Je voudrais qu'un fou t'égorge et que tu comprennes. Je voudrais imaginer que tu descendes, descendes, descendes à toute vitesse. Descendre dans ma résistance. Descendre dans mon bruit, mon cratére. Fouiller ma punition. Que tu touches enfin ce qui m'empêche de vivre. Que tu descendes salir les draps. Que tu descendes te noyer dans la vague de mon essence. Descendre dans le puit de mes mots, y dresser ton sexe sans nom, comme un galet lisse et dur qui donnerait forme à mes phrases. Descendre. Je m'offre le don de savoir me déshabiller devant toi, comme un vent chaud, qui n'avouera jamais tant que tu n'iras pas pénétrer sous peau.

[ La douceur est un orage. La liberté n'appartient pas à l'homme. Le génie est dans le reste. Les princes sont pervers et c'est bien mieux comme ça, si toutes les petites filles le savaient, elles seraient charmantes. La terre glisse, les corps chute, et je ne pourrais pas te rattraper. Malgré que je vous vois, je ne vous regarde pas. L'idée est un homme qui court plus vite que les autres. La violence du corps est si douce que je l'écris. Je suis si modeste qu'on le croirait vraiment. Je devrais faire ce que je fais. On dit des choses, et un roi marche sur les pieds, pendant que les dents saignent le pigeon égorgé ]

Je déteste l'intelligence autant que la bêtise, et je m'efforçe d'être déraisonnable.

C.

 

 
Par Delerive - Publié dans : kriziaii
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Mardi 23 août 2005

[ C'est étrange cette sensation de survoler, que rien ne peut vous atteindre et que vous restez pourtant votre plus grand obstacle, votre plus cruelle volonté, votre pire ennemi. ]

La terre s'effondre dans la fente qui sépare la femme de l'enfant, cette même fente sur le corps, qui permet aux langues d'air de s'y cacher. La blessure entre les deux yeux. Comme un oeil neuf. Tu as mal, et je la chante, cette souffrance, cette putain. J'annonce le ciel qui se renverse. Je prend enfin forme, je n'ai plus d'armes. Nez mouillé. Fille du vent. Essui les gouttes de perles. Comme des bâtiments sans étages. Je suis assommée par l'amour. Je me penche sur vous, qui flétrissez comme un couteau dans une chaire morte. Amours pluvieux. Je rampe. Je rampe sur le dos. Et je voudrais répéter. On crie dans les rues que l'on perd la virginité.

[ J'écris parce que mon corps ne me suffit pas. Avec les mots, j'ai l'impression de posséder les peaux. ]

 

Petite fille, tu coules. Apprend à nager, reviens, au large, petite traînée, pâle saison, comme il est loin la papier que je caressais, ces lettres que tu écrivais, les heures sont tombées sur le sol, dans cette piéce fade, petite fille, tu coules sur le côté de mes sales riviéres, comme il est lourd, l'amour qui attend.

Tu entends ? Comme il est lourd le jour qui ne vient pas.

Ma petite frayeur, gifle l'homme qui tombera amoureux, de tes robes d'hiver. Sonne minuit. Petite fille, apprend le Juillet de ton Aôut, la voix de Camille hurle et tu proposes l'Ouest à l'homme.

Petite fille chérie, comme il est lourd de s'aimer ici.

Peau mouillée, fenêtre fermée, le vent par tes yeux, le désordre te quitte, tu aimes.

Les sirénes ont des noeuds. Et tu bailles ton miroir. Comme il est joli, ton visage. Tout le monde a cessé de t'attendre. Demain sonne déja dans la ville. Ta bouche est une distance. La cour te dégoute et tu y danses nue, avec les concertos de Bretchen qui tue leurs pâles visage salés. Il serait temps de m'user. Tu as les épaules dans la boue. Elle est si différente. Personne ne rejoins les amis dans la baignoire. Elle a la peau involontaire. Ta langue s'enfuit derriére un buisson. Gifle-les. Le thé beige qui s'échappe, a mordu tes lévres pour m'atterrir dans la gorge. Qu'allons nous devenir ?

[ Mademoiselle, j'ai perdu votre piste ]

 

 

[ Aucun mot qui ne me fasse plus peur : Viens. Et pourtant, tu ne le dis pas, et j'en pleure ]

L'élégante femme s'abaisse. Fouille. Fouille. Je deviens instrument. C'est une peau dans le fond d'un atelier. Elle dit "j'allume", et puis les émotions imposent imposent leur funébre mousse sur le temps. Elle souffle, et je lui dis "Non". On est en parage. Je suis l'instant qui noie. Je suis le corps pendu aux profils. Et je donne envie d'écrire. Imposez Madame, bousculez. Les crachats sont suspendu, ouvrez votre bouche. Je ne peux pas non, je ne peux pas, écrire comme ça, comme si de rien n'était. Désobéir aux corps. Je suis ma désobéissance. Non, je ne devrais pas. On dit "pourtant". Je me met en boule, et je sais attraper, la priére des sexes. Je ne suis plus rien. Derriére moi, votre sang n'a plus de gôut. Les femmes savent, le bois de la forêt, toujours prêt à brûler, toujours en attente, comme le corps qui donne la premiére leçon. Je suis l'éléve. Mais Madame, les hommes ne sont pas prêt. On pourrait tout déposer. J'écris salop. Le lait de la terre, et le foutre de ton pére, font de moi, un corps qui te surveille, un corps qui écrit. J'ai avalé tes petites porcelaines. Ta peur est celle de tout le monde, la peur connue. La peur du corps qui échoue. Apprend moi une peur qui s'écoute. L'escrime d'une grâce. Je danse partout, allongée. Les passants s'arrêtent : "c'est pour allez où ?". Je suis trempée, il fait nuit dans le fond du corps, ce soir, je suis danseuse à Prague. Et ma douleur est une confidence.

[ J'ai peur du garçon qui ne me regarde pas, parce que je voudrais entrer dans sa vie. Je suis attirée par ce qui ne depend pas de moi ]

Nina dit : "ne plus écrire, pour retrouver sa liberté".

[ Mon écriture est la maitresse de mes amours. L'on n'aime jamais que moi ]

[ Elle quitte les draps, n'ouvre pas les yeux, se cogne aux portes, me cherche et hurle " le mot de passe ". Elle retrouve mon corps jeté en bas de l'escalier ]

Il pleure, il me rend le manuscrit, c'est mon oncle. Il dit " je ne veux pas en parler, tais-toi, je veux faire comme si je n'avais pas lu. Non vraiment. Comment tu fais ? Qu'est ce qui t'arrive ? Tu peux pas. Non vraiment tu peux pas. Ecrire des choses comme ça. Toi qui est si réservé, tu en dis pas un mot, et là, mais enfin ! Où les trouves-tu ? Je comprend pas. C'est pas bien d'écrire des choses comme ça. Ou alors, il faut pas les faire lire. C'est salop d'écrire comme ça. Range, n'en parlons plus".

[ Comme il est loin, le temps qui arrive Maman ]

Je sens l'odeur des doigts qui descendent jouer.

[ Seul l'écriture se souvient, plus que le corps encore, qu'un jour il a aimé, et qu'il a désiré mourrir ]

Toutes ces hanches, toutes ces cuisses, ces voix, ces rires, ces nuques, autants de terres battus que de branche à tirer.

[ Quand je pense à lui, je ne me reconnais plus ]

Je voudrais attendre la nuit, avec un corps.
Je me souviens de la façon de S de me prendre dans ses bras, comme une protection, contre les autres corps.

E n'est pas là, elle est au milieu de filles que je ne connais pas, alors quand elle dit " ça ne va pas ", j'imagine qu'elles se battent avec les mains, et que je ne les retiens pas.

[ J'entend des cirques la nuit, et le probléme est qu'il n'y a aucun cirque prêt d'ici ]

Nina, a écrit : " il y'a un jeu qui consiste à défaire ce que je suis vraiment ". c'est ça, l'écriture. Se défaire.

Elle va me mettre au coin, la dame qui parle aux animaux si je lui dis que je suis une chienne. Mais Maman, aujourd'hui, les rues sont pleines. Je veux t'entendre parler de jolies choses. Pendant, que je mord la queue. Les morts me manquent, même si de leur vivant, je ne les ai jamais connu. Offre moi un cadeau mon amour : donne moi mes 20 ans.

[ Le sexe du vide ]

J'ai lu "Frappe-moi. Ca fait trois mois que je fais tout pour que tu me frappes. Je bois, je fume, je drague, je pue, je dors, je regarde la télé, je mange tes papiers, et tu me souris. je joue à la trés petite, je m'énerve. Tout pour que tu me frappes. Et tu caresses mes cheveux et j'ai envie de pleurer. " J'aime Claire.

[ Un malade s'étouffe avec un collier de perle. La femme. Nue. Sous son long manteau. Elle n'a plus de cheveux. Le désert est dans la rue St Sauveur ]

C.

 
Par Delerive - Publié dans : kriziaii
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Samedi 20 août 2005

Mercredi. Je prend le train pour Annecy, avec H. J'écoute Carla Bruni. Je change. J'écoute Nada Surf. Je bois souvent. De l'eau, parce que j'ai la gorge séche. Je m'endors. Je souris à la dame derriére qui donne des coups de pieds dans le siége. Je pense à Marie, j'ai envie de la revoir. Au changement de quai à Lyon, je suis impatiente. Je pense à A, je souris, je ne sais pas s'il va m'appeller, s'il veut reellement me revoir. Je cherche des toilettes, je demande à H de se dépécher. J'ai peur d'être en retard. Je me lave les mains, me regarde dans la glaçe des toilettes. Je me trouve pas mal. J'en profite, c'est rare. Les valises sont encombrantes, mais je les porte en riant. Je suis presque libre. Annecy, je prend H dans mes bras, je le porte, je lui dis "j'ai peur", il ne demande pas pourquoi. Il pense à Charles et à une chambre propre. Je descend du train, je vois Marie qui vient vers moi, un peu rouge, pressée, trés souriante. On s'embrasse. On se dit qu'on s'aime. Déja. Là, on s'aime. On se retient pas. J'aperçois Charles, il me regarde à peine, je sais que je l'intimide. A Noël, il disait " je sais pas pourquoi". Je rentre dans la nouvelle voiture de grand-pére, je la trouve moche, je le duis "elle est jolie ta nouvelle voiture grand-pére". Je m'installe derriére. Je ris avec H et C. Marie me raconte la journée pluvieuse d'hier. Je vois le lac. Mon coeur s'emballe. Je vis. Je suis dans le plus beau paysage du monde. Je monte là haut avec Marie, elle me montre la grand lit, les lumiéres, les petites armoires. Je la parfume, je lui prend la main, on sort, je reconnais les rues. J'ai du parfum dans le coeur. Mes jambes ont envie de courrir. Je croise Florence, qui me demande comment s'est passé le voyage, je parle peu parce que je veux rire. On s'installe en face du lac, on écoute de la musique, on critique les nageurs, Marie pouffe de rire, je lui tire les cheveux. On arrive plusà s'arrêter de rire. Ma culotte est trop petite, j'ai mal aux hanches. On va voir le concert. Sur la plage. La chanteuse est grosse, je suis bien, on danse un peu. Le téléphone sonne, c'est A, il me demande où je suis, il me dit qu'il arrive avec Ben. J'ai le coeur qui bat vite. La langue qui grossit. Je colore les lévres de Marie. On les attend, je parle avec F, je la trouve grande et jolie. Je sais qu'elle me trouve délicate, et calme. Elle dit parfois à M "c'est déja un bon bout de femme" en parlant de moi. Je vois A qui arrive, je trouve qu'il a les cheveux un peu long, ils sont trois, on s'embrasse. On se rencontre, se présente. H, son cousin. Et Ben, son ami, avec des yeux comme de grands rochers. Je leurs souris, je dis "bonjour" trois fois, je me trouve idiote. Je hausse les épaules, je regarde A, je suis un peu mal à l'aise. Son souvenir me gifle. Il pose des questions, je répond, il veut éviter le silence. Je ne sens plus mon coeur. C'est un délice. Je me demande ce qu'on va faire. Puis il pose la question "qu'est ce que va faire ?". Je présente H à A, il est content de rencontrer mon frére. On part tout les 5 dans la voiture de A. J'aime sa voiture blanche. Directement de Nancy. Je suis derriére, je me demande ce que je fais là, et j'attrape un fou rire. Je respire fort. Je regarde la nuque de A, ses yeux dans la rétroviseur, ça l'empêche de conduire. Le mouvement de sa tête quand il replaçe ses méches de devant. Plage privée de Veyrier. Ils sortent les guitares. Je dis que j'ai froid, A me prête son pull. C'est l'odeur de A, celle que je connais si bien. Je le regarde jouer. Rire, je ris, je ne veux pas jouer, je dis "non merci", je suis polie. Je parle avec Marie. M essai le djembe, la guitare, elle s'entend bien avec H, je suis contente pour eux. Je regarde les pieds de A, le bord de son caleçon, son tee shirt sale, et ses cheveux gras, sa mâchoire comme un piége. Je souris, il est intimidé, mais il ne veut pas le montrer. Je m'allonge dans l'herbe. Je regarde le ciel, je lui fais un enfant. Je plante ma graine. Je viverais toujours là. Je trempe le biscuit. Je n'écarte rien, ça glisse tout seul. Je souris à la lune. J'ai le corps engourdis par la fatigue. La nuit avançe sur mon amour. J'aime l'odeur, la musique, le pull que je porte, je frotte mes lévres sur le rebord. Le corps de Marie s'affale à côté du mien en soupirant de bonheur. A a le regard fuyant, un peu amoureux. Il ne veut pas rentrer. Je lui demande s'il veut me revoir, il dit "oui, evidemment". Il est beau, je me démaquille, je m'endors dans les bras de Marie. Anaïs dit, par téléphone "fais attention à toi, tu sais comme il t'a fait souffrir". Je fais quitter le sol, des corps que je prend dans mes bras, le bonheur me transpire. Je ne répond plus au téléphone, je deviens égoïste. J'évite le chien des Dufour, mais j'aime son poil, je le caresse puis je le fuis. Je trempe mes pieds dans la riviére, elle est trop froide. J'attends les appels de A. Il y'a des bruits partout, j'ai l'impression d'être suivie. La petite Clémence, avec ses cheveux fin, et blond comme l'enfance, son sourire d'animal apeuré et sa peau de saison à inventer, m'apprend à faire des ricochets. A la fin je m'ennuie, je l'embrasse, pour lui montrer que j'en ai marre. J'essai de retenir les noms des plantes, de ne pas penser à A. Jules ne dit jamais rien, alors je l'aime bien. Parce que je peux imaginer nos conversations. A appelle. Je décroche. On se revoit, au soir, avec Clément, gentil et calme. Je m'excuse. Je dis "je n'aime pas attendre". Je caresse mon ventre. J'essai de lire, mais je n'y arrive pas. Il y'a des périodes, comme ça. L'herbe me colle sur la peau. J'ai passé 4 jours là bas, avec lui, elle et eux. A me dévisage. Je m'endors prêt de lui. Je voudrais me baigner nue. Je respire comme la pudeur, il dit "je ne veux pas que tu partes demain", et je pleure.

 

J'aime les gares. Les pas pressé d'où grouille la vie dans toutes sa vitesse. Il prend la caméra, il filme, je me recule. Il me sourit et dit "non, c'est vous que je filmais". J'aime cet homme, dans la gare de Lyon, qui essai de fixer le mouvement, rapide et invisible. Je me demande ce qu'on trouve au fond, toujours au fond, d'une poche, ou d'un corps, le détail qui dit, qui donne, qui prend. Plus que le tissu ou la peau. Le détail qu'on oublie ou qu'on cache.

Là, maintenant, je suis lucide. Là, tout de suite. Alors vite, je dis : Ravale. C'est la premiére chose qui me vient. Ravale. Mes mots ne savent pas atterrir.

Ce qui était émouvant, c'était de voir l'ombre de ma grand-mére derriére les grandes vitres du Manoir. Un ombre qui surveillait, les bras croisés. Qui nous regardait, monter dans la voiture des garçons. Je me retournais. Ce qui était émouvant, c'était cet ombre. Comme un petit quelque chose de mon enfance que je laissais derriére moi, pour rouler vers une autre sorte d'amour.

Et là, elle dit : "Charlotte, la même race que moi, un visage d'ange, un petit monstre à l'intérieur, un monstre gentil, incompatible, surprenant". Et moi, je pleure. Je frappe les vagues avec les pieds, elle ne réagit pas, silencieuse, dur, elle ne réagit pas aux corps, moi je peux frapper toujours plus fort, elle ne réagit pas aux coups, je l'envie.

Ma tante sort des toilettes, me regarde comme on frappe "ne cesse jamais de vivre, crie ton prénom". Crie ton prénom, qu'il claque contre le vent, contre le palais, qu'il fond sur les regrets, sur la langue. Charlotte. Crie-le. Qu'il s'éclate contre les bouches qui vous écoute, qui vous lis. Contre vous. Charlotte. Crie. Crie ton prénom. Crie-le aux assassins, aux oiseaux. A ceux qui posent des questions. Ton unique réponse. Charlotte. Comme la liberté, criez votre prénom. Et surtout, ne cesse jamais de vivre.

Voilà, je t'écris la lettre, Marie :

Je t'écris souvent et même toujours. Je te vois, c'est un peu la même chose, sauf que nous écrivons ensemble. Je suis comme le rocher qui coule, toi tu comprends, et tu te tais. Chercher les mots pour épater, pour les entendre te dire que tu es talentueuse. Toi, tu sais, on rit. A l'intérieur, les vagues ont effaçé, je suis en pleine fugue contre moi même. Et c'est pour ça, que je suis là, avec toi. Les choses qui n'ont rien à faire là. Parfumée aux détails. Allongée sur le plafond des toilettes de la place Kennedy. Je suis comme l'enfant qu'on frappe avec un sceau de plage, j'essai de l'oublier. On frappe le crâne et le sexe. On voudrait faire des châteaux, alors on frappe, frappe, de sable et d'amour. " Charlotte c'est injuste ". Oui, c'est injuste Marie. Une chienne agressive à plaindre, qui aboie à la porte. Comme ce dernier matin, où j'hésitais entre un éclat de rire ou de sanglot, mais un éclat tout de même, comme du verre, du sable dur, ou des feuilles de couteaux, des couvertures de rasoirs. Je tente de m'étouffer avec un noyau d'abricot, il faut que je l'oublie, il faut que j'oublie l'amour. Une peau de lait battu. Quand tu as ouvert les bras, caressé mon épaule et pris mon visage entre mes mains, tu n'as pas sentie, toi, les buveurs d'absinthe de 20 ans qui loge dans le creux de la poitrine. Tais-toi, là tout de suite, je t'aime. Tu le sais. Merci. Un ami m'a dit un jour " tu " et depuis je. Comme toi. Comme eux. S'il me lit, tant pis, il me prendra pour une folle. Des boissons de ta tendresse particuliére quand tu dormais là, sous, sur, en moi. S'il me lit, tant pis, je pense " tant pis ". Je me sens plus propre quand je n'écris pas. Il y'a des gens qui ne devraient jamais me lire, comme lui, jamais. Un geste illégal. Tu m'as dis "tu me manques" plusieurs fois au téléphone, tout à l'heure, c'était délicieux, ça claque contre le silence. Puis, tu as dis " c'est étrange la vie, on s'attache aux gens, et puis, plus rien.Enfin, tu vois, rien. On s'attache trop fort et on souffre". Là, je t'ai trouvé niaise. Un hurlement. Quand j'aime, je deviens un hurlement. Des cheveux perlés de vin tiéde et odorant, comme une odeur de sommeil, un chemisier déchiré. Lis, je prononce T-O-U-T. L'éclipse. Tout oublier. Tu dis "c'était vraiment bien", moi j'essai de ne pas le dire. Oublier ces 4 jours. Ne t'excuse pas, je connais ta colére même si je la déteste. J'essai de la controler, ta colére et moi, ta colére en moi. Quand j'étais plus jeune je voulais écraser les poissons qui passaient prêt de moi, dans l'eau, tu te souviens ? Papa déteste la femme qui passe à la radio, il éteint, je frappe au carreau. Alors mordre, les déchets marin, le sel qui coinçe. Des cuisses longues comme des désirs inavouables, on ne peut pas, intouchable, irrespirable. La chienne se jette sur moi, je suis une jeune mariée. Le vin me coule sur le menton, Marie je t'aime. Les coquillages suent. Méduse. Marie. Je ne voulais pas partir, tu le sais, mais ta mére attendait. Ta colére, tes pleurs ce matin là. Comme un corps qui apprend à nager. Il ne comprendrait pas, s'il me lisait, tu le sais, non ? Il comprendrait pas. " Oui, et alors ? ". Non, vraiment, il ne comprendrait pas. Oublier, c'est tout. Ca passera, tout passe. Nos corps et l'amour. Nous sommes un théâtre de Bastille. Un Paris sans Lac. Je suis désolé, parce qu'Arnaud m'a proposé de boire un verre avec lui. J'ai dis "J'ai envie de toi". Il est parti, jamais revenu, il ne veut plus prendre de verre avec moi. J'aurai pu être désolée, d'avoir de telles maniéres. Laine. Tenue élégante de fin de soirée. Dormir avec toi. ça passera. Sans importance. Je te dis " sans importance ", ne l'oublie pas. Et même. Vraiment, tout ira bien. Aime-moi s'il te plaît. Je déteste cette phrase, parce qu'elle lui ressemble. Aime-moi.

Tu m'as dis qu'on serait bien ensemble, toutes les deux, à la maison. Que tu me rejoindrais, à la mer, au Nord, parce que tu ne veux pas rester avec les Grands-parents et leurs habitudes de petites morts. Tu viendrais, là, me rejoindre, dans cet appartement, trop petit, trop calme, où je me cogne la tête en dansant. Et on évitera, d'accord ? On évitera, les questions. Et l'amour, tout ça. On évitera d'arracher les yeux. Parce que ça parlera, de tristesse, de rage et d'amour. L'essentiel, c'est ta peau, dans tout les endroits du monde. Ici. Aussi. Je descend à la cave et je vais chercher un trésor. C'est parce que je connais trop les mots. J'aurai du ne pas sourire, quand il a dit "je pars à 4 heures du matin". Je n'aurai pas du m'arrêter Garde D'Annecy. Et c'est vraiment magnifique, d'aimer comme j'aime, disait Romain. J'aurai pu ne pas. Et surtout ne pas commencer à écrire, peut-être alors qu'aujourd'hui je viverai comme hier, sans lui.

Je t'aime.

C.

[ celle dont je parle, Marie ]

Je répond, ici :

Petite pisseuse, R m'appelle petite pisseuse. J'aime bien. ça me va bien. Aïmalun lui dit Orchidée. Orchidée c'est une fleur, un peu blanche, alors là ça me va moins bien. C'est trop facile, trop pur, ça n'a pas de bosses, pas de creux. Alors que petite pisseuse, ça pique, ça mouille, ça donne la nausée, ça avale. Petite pisseuse oui, Orchidée peut-être plus tard, c'est juste parce qu'il trouve que j'ai un joli visage, fin et rond.

Matt : Merci.

Annaëlle : Ecris-moi.

K : Je trouve ça bête, et inutile. Mais flatteur. Seulement, les compliments, me nourisse, puis me rende affamée, de vérité. La flatterie, comme du vide.

L'inconnu de le gare : Moi. Je me demande qui tu es. Mais si tu me lis, c'est déja que je suis fichu.

Nounourz : Si déja l'on me critique, c'est qu'alors j'existe. Quelqu'un a dit " tu fais de petite phrases, c'est trop facile, on dirait le journal d'une adolescente ". Je ne veux pas. Réfléchir. Ecouter oui. Essayer non. C'est comme ça. On prend, on lit, ou bien on annule. Tout. C'est un fossé. En ce qui concerne les autres blogs, je ne les lis pas, j'ai quelques préférés, mais trés peu. Sinon oui, j'ai écris d'autres choses que le blog, heureusement, je ne fais pas que ça. J'en suis à mon quatriéme manuscrit, et le dernier porte ses fruits. C'est toujours ça de pris. Par contre, je réctifie : je ne le connais pas. Mais je ne suis pas à comparer, avec d'autres "blogeurs", aussi bon soient-ils, peu importe. Je déteste les comparaisons.

Romain : En ce qui concerne Nina Bouraoui, je ne pense pas qu'il faille obligatoirement la lire, pour me comprendre, ce serait prétentieux de dire ça. Nina fait parti de mon univers. Mais je suis en pente libre.

S m'appelle, ça me fait du bien. Je me dis enfin. Enfin ça me fait du bien. Enfin un rire que je comprend ici, enfin un rire qui entre dans la bouche comme un revolver glaçé. Enfin, à force de passer mes journées à lire Testyd, Angot, Cusset, Castillon, ou Durin-Valois, à force de lire des petites écrivaines de 20 ans blasées, ou des vieux monsieurs dégueulasse, je ne savais plus reconnaître le rire qui glaçe les amidales de S. Le fou rire épatant de fraîcheur qui vous donne envie de vous mettre nue, au balcon, en passant les jambes de l'autres côté de la rembarde, en criant que vous allez sauter.Sauter. Sauter, si quelqu'un n'approche pas, ne vient pas vous chercher. Alors votre mére vous prend le bras "mais enfin, tu es folle". Et vous éclatez de rire comme on rate son propre corps.

Aime-moi.Dis moi que tu m'aimes. Crie-le. Allez. Crie-le. Je t'aime. Encore. Plus fort. Il faut que ça vienne de la gorge. Comme quand tu craches. Crie-le. Les gens ne savent pas crier. Trop restreint, trop étroit. Crie-moi que tu m'aimes. Il faut que se soit la guerre, les armes, l'odeur du sang, les corps. Tout ça. Allez, crie-le. Je t'aime. Hurle-le. Allez. Il faut que ça impressionne. Allez, allez. Crie-le. Crie. Allez. Il faut que ça te fasse mal, que ça te déchire là, dans la poitrine. Allez. Crie. Hurle moi que tu m'aimes. Allez. Mon dieu, Allez. Crie, mais Crie. Crie. Je t'aime. Crie. Avant que tout cela ne meurt, avant que cette journée ne créve, et que tu m'oublies.


C.

 
Par Delerive - Publié dans : kriziaii
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Lundi 1 août 2005

[ Angot.Bouraoui.C'est la même maladie. L'anecdote de la vie.]

Ca dépassera, et puis, on verra tout. Je suis la voix perdue qui fuis. J'aimerais. Ses dents qui s'ouvrent sur les hanches. Mourrir de plaisir. Je suis le risque. J'aimerai être vraie, ne plus me cacher. J'aimerai être enfin, la foule qui s'attarde sur les corps qui dansent sur les cadavres. Je suis l'abscence du visage amis. J'aimerai ête seule. Comme l'alcool. Je suis l'acool, qui ne passe pas, qui attaque, la gorge, qui brûle, qu'on crache, qui rend ivre. On dirait Pauline. Je suis la sueur des laideurs. Pardonne moi. Papa. Pardonne. Celui qui a posé la main. Quelques années sont coinçés dans mon entre jambe. J'ai un sexe de cent ans. J'ai le désir fatigué, qui en redemande. Il y'a une femme, sur l'autel. Je l'ai toujours vue. Je la reconnais. J'irais. Il faut que j'avance. Elle a le corps fendu. Je glisse. Parce que je glisse dans des riviéres de bitume extravagant. Chienne. Hyéne. Tâches. De lait égorgé. Il y'a une femme, là bas. La langue gifle le vent. Tout est à proximité. Pressée. Il dit, le serpent, qui perd sa peau. Le serpent s'enroule, dans le sexe, il germe, il fait son nid, il défait. De vous. De la réalité. Je veux de la matiére. Je sautille sur mes os, comme une apprentie de la fugue. Je suis en pleine fugue depuis 16 ans. J'ai de la tempête dans les pupilles. Regardez. Ne regarde pas. Tu as la peau si blanche. Ca innonde. Ca prend tout le corps voisin, avec le sien. C'est la voix chaude du danger. J'engloutis. Je surprend sa voix dans tout les gestes du monde. Je suis l'épine. Je ne sais rien que mon sujet appellé. J'appelle. Je rend. Je donne. Je prend. Quand je regarde, la coulée de graisse, qui scie son bassin en deux, quand il se penche, quand il me tend, sa solitude aménagée. J'ai honte, je n'entrerai pas. Je ne suis pas seule. J'ai peur d'être seule. J'ai honte, je ne rentrerai pas. Je dis "Aï-ma-lun". Je me dandine sous les rires. Je suis le bruit de la pauvreté. La femme, est là. face. Pliée. Contre. Sous. Sur. Elle a un bec, et des yeux jaune. Je chevauche les corps menteurs, et triomphante, la femme se plie devant moi, pour me gifler avec ses cils. Je suis l'éléve anxieuse. Elle m'apprend le gôut de la bile qu'il faut cracher. Oh Pardon. Suffisemment. Ne pas me reçervir. Je traverse l'entrée du livre. Cette femme est un livre, à la peau de chauve-souris. c'est facile. C'est facile. Facile. C'est. Ne plus. Mais. Plus. Ca dépassera, et puis, on verra tout, des pages en trop, qui dépasseront, de son corps, que j'aurai écrite, pour le ravage des muscles.

 

Julien m'écrit "Hier, je me suis mis au bord de l'eau et je me suis laissé manipulé par la marée, je ressens la même rapport affectif avec toi, tu as une force comme la nature".

Je voulais écrire, à l'amante, à elle, que je déteste :

La femme voudrait. Rien ne l'empêche. mais c'est la peur de la peau. Ma lamentation, ma belle femme chirurgical. Je ne sais pas pourquoi, je pense à des femmes pour les mots. Les hommes ne prennent pas. Ils veulent suçer, la cervelle, le sucre. Je t'aime, tu comprends, donc, tu sais. Que je vais tuer. Tu sais. Sais, toi. Que je vais te tuer. Puisque je t'aime, tu comprend, c'est logique. Je te suçe entiére, ma lamentation flottante.

Je suis certaine qu'il y'a un infinie de chaire. Une peur sans menaçe. Le corps d'homme dans le sexe d'une femme. La femme engloutis tout, elle est la puissance. Le pouvoir des marées haute assoifées de vertiges et de corps exquis, soumis à l'huile chaude du temps.

Je suis une tâche et je révéle, indomptable, la nudité des sentiments. Il y'a l'impossibilité du désir couché sur la cheveulure rousse de la pudeur. On se parle. Comme eux. Ils. Ils se. Ils se parlent. Ils. Parlent se. Non. Ils. Ils n'y arrivent pas. Pas. Mais ils voudraient. On voudrait tous. Le dégout m'obséde, le silence me donne un nom.

Elle, je l'imagine, grande, belle peut-être, une poitrine ambitieuse, le menton fragile, qui tremble, quand tu la gifles, le sourire qui dégouline le long de la nuque, les cils humide, l'haleine rigide, et un corps qui donne envie de serrer, frapper, tendre, embrasser.

Lui, c'est un homme au sexe branlé, fatigué, lui, c'est un objet qui souffre, qui quitte le monde, et lance le ciel. je crois qu'il l'aime. L'aime. Il lui. Aime. Elle l'aime aussi. Entre ses cuisses, du sang. Du sang comme des perles. Des perles éteintes, capricieuses.

Je viens. Attend moi. Moi. Attend.

La parole. Communiquer. Le pont qu'il faut traverser sans tenter de vouloir sauter. Le sucide de l'amour. L'épuisement des mots. Ca empeste, ça ronge, c'est une maladie. Le désir lasse, l'amour pourrit.

[ Il y'a une attitude homosexuelle que je n'ai pas. Il y'a du garçon dans les baisers. Une part de garçon que je n'ai pas. S. disait "tu attires les filles, parce que tu es une enfant ".]

 La ronde. Savoir. La ronde des désirs. Gigantesques. Commes des proies languissante. Rampantes. Perlées de sang mauve sur les cuisses. Leurs pupilles coulant sur le long des visages. La visison, qui permet. De vivre. Vivre. De. Coule, dégouline. Poisseux. La peur de perdre. Je ne sais plus m'exprimer. Plus. Exprimer. Je. Plus. Ne. Exprimer. Sais. Je. Ne plus. Tout à coup. A coup. Je ne sais plus. J'ai une braguette sur le front pour laisser s'éclabousser le sexe de mes idées. Tout se ferme en moi. Impulsive. Agrumes. 70, avenue Charles Floquet. Peut-être qu'il y'a un corps qui m'attend là bas, mais je dosi apprendre à être pure. Je dois me calmer. Et pour cela, il faudrait que j'arrête d'écrire. Ca reprend. Ca désiquilibre. Je. Me. Dois. Je dois. Me. Nous. Je. Calmer.

 

 

"Je suis l'ailleurs, la plaine que tu chevauche, le soleil qui se tait et illumine la menteuse lune, fausse clarté, un jour je créveré les nuits, de mon coude fatiguée, usé, hurlant d'une rage qui se tait."

J'ai dis :

"Ton coude qui frappe le ventre, pour crier l'éclipse qui trahie"

Elle a finit :

"ma lune est inconstante, elle est un vautour qui virvolte autour de sa proie, et tu me crois prisonnière de l'attraction, de ton poids, je suis la moqueuse plaisanterie"

Et je la trouve comme la chaire.

Charlotte.

 

 

 

Par Delerive - Publié dans : kriziaii
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Samedi 30 juillet 2005

[ J'invente une priére qui dit : " j'achéve les enragés ".]

Je suis une fuite organisée. Hitler dit qu'il a les parties sexuels si fragile que mon corps qui le frôle le rend fou. Je n'ai pas le language humain. Je dis "vous devez confondre" à une dame qui perd sa peau sur des toilettes. Je rencontre une fille qui pleure de rire, dans la nuit, je l'imagine mourrir. Il y'a un gardien de musée dans mon sexe. Les oeuvres sont intact. La grande table ronde d'un bleu nacrée. Les coupes de champagne qui se brisent sur mes gençives. "Tu ne bois pas ?". Non, je m'offre. Mon pére aime me serrer trés fort dans les bras. Je pense qu'un jour il ne sera plus là. Alors je serre plus fort, je retiens la parfum, la peau, le gôut, l'assurance et la fragilité. Je retiens tout de mon pére, comme un souvenir qui se contruit sur le moment. Nicolas dit "tu as le sang de tes origines, les yeux noir, les cheveux sombre, la peau mate, tout éclate". Oui, mais ça reste dans le sang. Ce qui recouvre mon corps c'est le vent du Nord, sa pluie sur les visages exact. Moi, je suis faite de l'odeur de la mer agitée. Mon amour. Mes. Mon. Amour. Je suis serrée dans l'air chaud. Des chansons Espagnol je ne comprend que "la muerte". Des sourires de mamans je ne retiens que la douceur de Jade, Victor. Dans la glaçe, je caresse le ventre plat, je l'imagine rond comme la langue amoureuse accessible. Mon amour, il faut apprendre à tout perdre. Là bas, je dis "je déteste les regards". Je suis sans réel désir. Je suis une décoration. S laisse un message. Je ne rappelle pas à N. Il est loin, il ne me manque pas. Et puis, maman dit "tu as une lettre de N qui t'attend à la maison". Je ne résiste pas, à l'écriture, aux mots. Je pense "il est trés fort, il a deviné. Alors il a écrit, il sait que je ne contrôle pas. J'imagine les corps dansant, là bas je les ai vu. Je déteste l'attitude des filles qui veulent séduire. La forme de leurs corps quand elles s'apprétent à aimer. Elles grandissent, prennent de la place comme un coquillage géant, gluant, salée, puant, et délicat. Fruit de mer. Elles germent, dans les petits désirs, les petits amours. Moi,je voudrais me cogner. Je voudrais qu'on me prenne le bras, dans le fond d'une rue et qu'on me tire les cheveux en me criant "voilà, c'est ça l'amour". Sourire tendrement. Hitler aurait pu le faire, s'il n'était pas aussi bête. Julie dit "laisse, ils sont tous con". Je souris et je pense : j'adore cette fille. L'odeur des douches publiques, et le bruit des moustiques fatigués, quand les cheveux blond animal se colle à moi sur Jean Jacques Goldam. La musique est bonne. Quand la musique est bonne. Il dit "j'ai trop saigné ". J'aimerais voir. Je veux toucher. Moi aussi, je saigne souvent, j'ai les gençives fragiles. Je ne veux pas être comparée à mon écriture. Je ne vis pas encore comme j'écris. J'inspire N. Il me dit "tu m'inspires". Je l'inspire. Je me demande, comment, et où. Et puis, je ne pose plus de questions. Que la nuit me pardonne. Les gens sain m'ennuient. Je suis le tout de ce qu'on lit de moi. Est-ce que Julien sait utiliser des préservatifs ? Pourquoi S dit "je croyais que tu me désirais" ? J'aime la fille qui dit "je suis timide, mais sauvage". S téléphone, elle raconte. Les boîtes. Les garçons. Les baisers. Puis le renversement du coeur. Le désenchantement. Les regards vulgaire. Elle raconte. Les mains sur les hanches comme des pierres sur un arbre. Elle dit "Marie, le touquet, la plage sous le pluie, les rues du Nord déserte sans toi, les nuits blanche à danser, la musique, l'alcool, je prend jamais comme toi, je prend pas de limonade moi, je veux vivre ma jeunesse". Ma mére, a un rire étranger au téléphone. Je rentre à Lille. Je n'ai rien à dire à Adrien. Il dit toujours "parle moi, écris moi". Je fouille le plomb de mon corps abandonné. Tout se bouscule dans les plumes de serpents. Je suis incendiée. Précieux. Tabou. Sûr. Racine. Je tombe de la chaise en éclatant de rire. Je suis une fuite organisée.

E dit "je pense à toi". Elle le dit souvent. La cambrure de son dos c'est Nina. Marie. Diane. Zurich. Parce que son sourire, ses silences, c'est Nina. Parce que son odeur. Haute-couture. La forme de sa bouche qui aspire la fumée. Givenchy.E. Un indice. Le corps anonyme.

Il me regarde de haut en bas, dans mon short blanc, il remonte au visage, c'est violent le sourire du désir.

Quand je parle, j'éjacule de la mâchoire.

[ photo prise avec Anaïs ]

[J'ai un pouvoir, qui n'est pas le mien. La force de l'écriture. Je peux écraser. Un jour N a dit "tu as quelque chose qui te rend puissante, mais qui ne t'appartient pas". J'ai rêvé : L'écriture, je suis son appui, je ne suis rien, qu'écrire, comme quelque chose qui vous tombe dessus et vous rend perplexe.]

Je suis l'arabesque de Jane.La danse de ses cheveux de morte pâle. Son sourire de blessure séparée de la terre. Sa façon souillé de dire "Elisa, saute-moi au cou". Son corps veillis comme une offrande. Je suis l'arabesque de Jane. J'ai les cheveux juste un peu plus court, et la robe rouge un peu moins longue. Ma robe arrive au dessus des cuisses. Je révéle, ne montre rien. Jane est ma cachette. Elle dit "les autres, on sent fous". Je suis l'arabesque de Jane. Je suis moins jolie peut-être, je n'ai pas le charme oriental. Je rafraichis. "Elisa, saute-moi au cou". Levis 51. Caramel de Carcassonne. Moulin rouge. Chanel numéro 5 couleur rouge sang. Je pourrais fumer, et commencer à danser sur Jane. "Les autres, on sent fous". Il y'a des violons coinçés dans les dents de Jane. Ils jouent Nostolvitjs. Ils jouent la nostalgie du noir et blanc. Chaplin. La Russie. La Brastilsja. Le tabac jaune. Les tranchées de sang. L'odeur soviétique. L'enclose des jardins. Le printemps qui dépucélent. Les sexes épuisés dans les cheveux gras des filles. La Russie. Moscou. Les digues gélées, les corps perdu. Les tours gigantesques qui s'en vont mourrir dans le ciel. La plume poussiéreuse, les poétes prétentieux. "Elisa, saute-moi au cou". Les violons jouent, un air mort. Elisa est morte. Froide, au fond du canal Breisten. La Russie Arabe. Je suis l'arabesque de Jane. Elisa est morte. J'enléve mes vêtements pour recouvrir ma nudité de cette eau sale où baigne le corps blanc. Je nage jusqu'a elle. Lentement. La Russie. Ses nuits. Son vent. Dessus. Dessous. La liberté des orphelins le long des routes. La fumée des cigares dans le sexe des femmes élégantes. Défendu. La terre Slovaque. Je suis l'arabesque de Jane. Je prend le corps mort dans mes bras, je la console, et au loin j'entend, le bal des violons russe qui se débattent dans le sourire de Jane. Qui danse, danse, danse. "Elisa, saute-moi au cou". J'embrasse ses lévres bleu, sa chaire sans sang, l'eau moisi. "Elisa, Elisa, Elisa, les autres on sent fou, saute-moi au cou".

C a une petite manie mignonne. Elle porte toujours des caleçons de Garçons.

Il y'a du mascara humide et collant dans tout les gestes amoureux des filles.Il y'a de l'assassin dans chaque femme, mais il y'en a beaucoup qui l'ignore, et se sont celles-ci les plus dangereuse.

 

C dit "elle est trés jolie ta lettre". Elle est prête à pleurer.

Le grand malheur des écrivains, c'est qu'ils savent que l'écriture est stérile.Le plus grand complot des siécles. L'écriture n'est pas. C'est leur invention. Les écrivains sont des clowns malheureux ou des meurtrier timide. C'est comme le corps qui veut jouir avec des bouts de verre dans les doigts.

Je dois me quitter quand on s'attarde sur mon corps. Et j'essai de me dire "offre là, cette peau".

[Je vais tuer.Je l'aime. Il y'a le Chrit. Sa cuisse chaude. Il y'a le Christ dans le jardin d'Emmanuelle.Emmanuelle et son odeur de goudron fondu sur le sexe.]

Je loge en forêt.Mes seins lourd de souvenirs.J'ai 20 ans.Manon des sources.Je suis une lois sauvage.Je porte une museliére.Tout les bruits m'accompagne.Je suis la plus grande force.Je suis nature.Jalouse.Possessive.J'ai les cheveux jusqu'au reins.Couleur ébéne.J'ai les poignets en cuir.Je met en danger.Je vis seule.Les hommes me cherchent, je suis une rescapée.Les femmes, je les tue. Je ne mange pas beaucoup, je chasse. Le ventre de ma mére. L'humidité de la mousse des arbres. Je ne parle pas. On a peur. Je n'ai pas appris. J'entre dans la nuit comme je frappe. J'ai de la terre sur la langue et mon lait est blanc comme les Dieux. Crémeux. J'ai la poitrine juteuse. Fleur d'orangée. Noix et lait. J'ai les mamelles ferme et douce. Comme une huile chaude et grasse. Mon lait est celui de toutes. Mon époque est instinctive. Je suis mon intrus. Je m'observe, me suffit. Mon amour est un ordre. Je suis une chienne aux pattes plus longues qu'un jour sans soleil. Je suiis démasquée. L'homme est une arme, il frappe sur la visage comme le vent. Manon des Sources. J'ai les lévres gôut sang et terre. Salées. Des lévres comme un adieu. A l'odeur de récolte. J'ai les pieds noir et sale. Je cours, presque nue. Je suis une chienne. J'ai la peau des fauves, l'odeur des reptiles. On me craint, je suis inviolable. Les hommes frappent, frappent, frappent. Ils arrivent au cou, ils mordent, arrachent. Avec des branches. Des traces de saintes. Sur la poitrine. Des griffes obsédantes. Je dévoile les endroits comme on me bouscule. Toujours la tête baissée, le dos vôuté, les cheveux qui recouvre le visage comme une perte sacrifiée. Je suis ma propre proie. Et je loge en forêt.

 

Je ne serai jamais écrivain, je serais le prétexte du corps qui écrit.

 

Charlotte.

Par Delerive - Publié dans : kriziaii
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