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Mercredi 29 juin 2005

Mon visage est un visage de délivré.Comme aprés la noyade.Comme soudainement serein.J'ai un visage de survivante.

Je me fiche des charmeurs.Je veux le fond.L'abîme.La chute.Je m'imposerais.J'imposerais le non-sens.Je me fiche qu'on m'invite.Suspendre.Surprendre.Une poitrine écrasée par le col d'une chemise d'homme troué.Je veux la massue.Qu'on fasse renaître l'enfance.Je ne veux pas passer de l'autre côté.Pas encore.La femme.La bouche est une touche de piano.Je veux des musiciens.Je me fiche d'être regardée, désirée, détestée.Le corps n'a plus de sens.Je veux l'étreinte.Je presse.Compresse.Les gorges sans voix.Les larmes sans chagrins.Je veux un corps falaise.Contre lequel je puisse me cogner.Colision.Je pourrais monter puis me laisser tomber.Corps falaise.Proche de la mer.Que je puisse y tomber.Un odeur particuliére.La cheminée.Le rocher.Le bois veillis.Je veux un corps silencieux qui contrôle.Libre.Liberté.Vagin.Une idée de l'infini.Je suis vide.Que l'on surprenne une folie dans son accord fantasque couvert d'algues vertes, la peau comme du sable mouvant humide où y serait mort des cadavres de crabes.La folie se serait vous.Je m'appelle soudainement Victor.Victor et ses cuisses dur comme le coquillage perdu sur le dos du Vautour.Victor avec une nuque qui tranche.Une nuque de hâche.Victor à l'allure graçieuse comme les danseuses nocturne qui hantent les miroirs et les ventres.Victor au sexe affirmé, comme une plainte.Je suis soudainement Victor.Un homme.Je ne trébuche plus.Des mains comme une extravagance.Je ne connais pas la peau ruban des femmes.Et j'ai l'haleine tiéde.Victor.Vagin.Venise.Tout m'a quitté.

Elle s'approche de moi.Le couloir est long.Long comme mon tube digestif.Elle posséde la grâce des corps qui vont se rompre.La peau sur les os.Sa maigreur me rétracte.Sa peau fine est une volonté.Je la connais, oui, je l'ai déja vu.Elle n'est pas belle, mais elle sent terriblement bon.Elle sent le dessin d'enfant qui s'écrase.L'enfance qui prend pour s'éteindre dans son décolleté.Non, elle n'est pas belle, mais elle sent bon.Un peu comme mon écriture.Quelque chose qui s'enfuit.Toujours.Je pourrais fermer les yeux, je la sentirais m'approcher.Légére, laide et délicieuse.Je suis contre le mur, je balançe mes pieds, je crois que je m'ennuie.J'attend mon tour, au lycée.Ses os se cassent au fur et à mesure qu'elle avançe vers moi.Les murs sont malade, ils ont la fiévre.Elle m'a regardé, m'a sourit "Bonjour".A ce moment là, je l'ai détesté, parce que je savais que j'allais écrire sur elle.Les gens prennent possession de mon écriture.Ce "bonjour" déshumanisé par une sorte de laideur attachante.J'avais auprés de moi, un détail.Un détail de tout ce vacarme lycéen.J'écarte les noeuds.Cuisse.Lévres.Yeux.Ouverte.Je suis prête à découvrir.Je lui répond "Bonjour".Je m'ouvre à ma conquête."Qu'est ce que tu as fait comme stage? " " Dans la galerie d'art de mon pére, et toi, chez un vétérinaire, c'est ça ?".Je venais de jeter un coup d'oeil sur son dossier."Oui, mais j'aimerai plus tard restaurer les tableaux anciens, tu as de la chance, je fais de la peinture depuis 8 ans, je veux en vivre".Je savais.Son sourire transpirait l'huille, l'aquarelle.Je savais.Il devait forcement y avoir de l'art derriére."Ah, moi c'est plutôt les livres, l'écriture tout ça".Tout ça oui.Tout le reste que je n'ose jamais dire.Etre Victor.Sourire à sa cliente.Lui plaire.Mais non, je suis Charlotte.Une tige brune fraîche.Ma laver, dans ce silence.Pourquoi faut-il toujours qu'a la moindre occasion, je veuille buter, consummer, me déposséder, arpenter.Pourquoi moi, exagération précoce.Ejaculation précoce.Mon poing qui se serre dans le ventre.Me retourner l'estomac.Puis rire.Une fillette qui n'a pas d'âge.Elle tourne la tête.J'évite son regard.J'évite le regard qui demande.Parle-moi.Qui refuse le silence.C'est comme m'exiger de m'éteindre.La lenteur du bleu de ses veines, puis le "ça va ? tu n'as pas trop peur ?".Mon décalage.Toujours absente." Peur de ? " "De passer à l'oral " "Oh...ah non, enfin si" "Moi, je susi tendue".Moi aussi, mes muscles se tendent, vers les corps qui me suivent.Je frotte mes dents contre ma langue, pour gôuter, le gôut du sang angoissé.Je suis mon propre devoir.Je lui dis "Continues à avoir autant d'ambition".Ma phrase était cloitrée en elle-même.Elle a sourit, elle n'a pas du comprendre.Je lui demander de continuer à longer les murs comme un squelettre triste.Comme un chiffon tiéde.Parce que rare sont les corps qui me sensibilise.Et souvent, ils ne le sauront jamais.Je les retiens dans l'écriture.Je n'ai pas su son prénom.Tout ça, pour une chaire en perte.Tout ça pour la beauté de la chute de son corps."Bonne chance".merci.Toi aussi.


Quand je pense à eux.Je porte le vent.Eventrée.Satisfaite de la pluie lumineuse qui jaillit dans mon corps.Je tens les muscles et je laisse déborder l'humidité par ma peau, je laisse exploser le masque de mes comédies pour éclabousser de feu, ce qui m'entoure.Eventrée.Une fleur grande et vide comme le ciel, est en construction dans mon ventre.Une main la battit.La main de la liberté.Quand je pense à eux : espoirs.

Il y'a une position dans laquelle mon corps est différent.Plus lourd et bruyant.La position de l'amour.

Certain ont été étonné de mes photos.Culottées.Osées.Qui ne me ressemble pas.Il faut m'apprendre.

Je voudrais connaître P-A.Le connaitre et l'aime.

Quand S me dit "mais je suis vraiment différente ?".Je pense à l'odeur de vernis dans la salle de bain de ma mére.Toutes les filles sont des cibles.


Charlotte.

Par Delerive - Publié dans : kriziaii
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Lundi 27 juin 2005

Je suis ma propre proie.Dans les autres j'essai de me retrouver, pour me dévorer.

Toujours de grandes tables.Les rires gras au dessus de nos voix.R est à côté de moi.Son corps est un rempart.Une digue.Qui me protége de la mer violente et vulgaire.Son corps me rassure.Ses petites attentions.Le verre d'eau toujours rempli.La main jamais lâchée.Le blouson quand il fait froid.R est là et je le sais.Nos visages sont maquillés pour l'occasion.R est à moi quand elle me dit "ah toi ! je t'aime vraiment ".Et qu'elle me donne un baiser épais sur la joue droite écorchée.Là où je me suis griffée en voulant creuser.Toujours cette obsession du vertige.Cette volonté d'être encore.La mauvaise peau pointée comme des pieds de femme vers le ciel.Toujours les même mots qui tombent dans le piége.Peau.Peau.Peau.Mon écriture est charnelle.Sans profondeur.Avec toute la profondeur du monde.Un ravage.Puis c'est la musique qui nous cogne les hanches.La musique comme un coup de poing dynamique.Oublier les centaines de corps inconnus qui nous entoure.Ne pas faire attention à ces peaux qui me narguent.C'est le désir de mordre.De modeler.Déchiqueter.Caresser.Suçer.Je suis le loup.Je peux dévorer.Mais ne pas faire attention.Personne ici ne sait l'importance des corps.Leurs divinités.Leur danger.Oui, c'est ça, je suis en danger.Lâchée en pleine fauve.Le visage de R est doux, différent, parce qu'il m'aime et me dit " tu m'accompagnes aux toilettes ? ".Alors je m'excuse auprés de mon voisin.Je m'excuse d'aimer.De suivre.De m'en délecter.Je m'excuse de conquérir.D'être douloureuse et je la suis.Ma peau avec les spots lumineux me dérange.Ce n'est plus une peau, c'est un spectacle.Je dis "ça ne réussit pas le champagne à S ".Puis on sort.C'est le corps de R qui va danser.J'ai mal aux jambes.Je danse sur la tête.Je purifie les odeurs de fumée, de sueur, de rouge à lévres ancien, et de salive.Je purifie les sourires de cette grande dame brune qui trémousse ses fesses sur la musique.Elle fait l'amour au bruit.Elle cogne.Bruit.Bruit.J'ai toujours été son ennemie.Il y'a trop de silence en moi.On me considére comme une enfant.Toujours.Partout.On veut me protéger.R me prend dans ses bras " Viens danser ".Je danse déja.Partout.Avec le ciel qui subitement vient gonfler ma poitrine.Avec le champagne que j'oublierais dans le regard apeuré des renards infirme que l'on trouve dans les secrets.Si je suis un secret, ce n'est pas pour mon aspect délicat, ou ma timidité muette.C'est parce que je compléte.Besoin.Je suis un manque.Une attente.Le secret a besoin de se rencontrer, se heurter.Pour exister.Une progression.De bouches à bouches.Je m'annule." Viens danser ".Je prend R dans mes bras, j'éclate de rire.S est plus vulgaire quand elle danse.Elle allume.Son corps est un penchant.Je dis "S est belle quand elle danse ".Elle me regarde, me fait signe d'approcher.Trempée dans la nuque, les cheveux collant "Je m'amuse Charlotte, c'est fou".Je le regarde sans la regarder, comme je l'ai toujours fait.Immobile.Hors d'attente.S sent le parfum.Dior mélé à la cigarette.Son visage est bouffé par les sourires envieurs de la soirée."Il te reste des traces".Elle a rit.Avec le même rythme effréné de la musique.Je prend la main de R.Je bouscule un garçon qui me dit "on se connaît ?".Je me dis que s'il ne vient pas m'embrasser aprés que je l'ai bousculé c'est que non, je ne le connais pas.J'enméne R dehors.Dans la nuit, loin du bruit.Elle n'allait pas bien.Elle dansait trop.Le corps fatigue.Je la regarde, assise contre le mur, essouflée.Elle ressemblait à une putain triste et seule, contre le mur de sa perte.

 

 

C'est étrange les filles qui ressemblent à des garçons.Soudain, tout est là.Quand on ne sait plus.Fille.Garçon.Poitrine.Sexe.Forme.La forme du corps.Quand on se trompe.Le parfum du corps que l'on essai de deviner.Tout est là dans le corps des garçons manqués.Dans leurs agressivités, et leurs tendresses particuliéres.C'est l'odeur de poudre dans la salle de bain des filles contre le sang salé et jaloux des garçons, contre les bagarres, les coups de poings, leurs odeurs de plastique, et leurs langues d'acide.Nina a dit "ce n'est pas s'aimer que de se caresser, se regarder, s'essayer, s'aimer c'est la vie ou la mort".Tout réside là.Dans ces corps androgynes.

La main éteinte de mon indomptable nudité.Renversée.Eprise de l'existence.Je pourrais t'ouvrir avec ma langue.

 

C est trop amoureuse.Elle me dit "je ne peux pas me passer de lui, mais de son côté, c'est autre chose, tu sais ?".Je crois qu'il y'a une survie.Un hurlement.Un instinct amoureux.Je crois que c'est une grande chasse.Des loups.Des agneaux.Des brebis.Je crois que l'on peut se bouffer.

Mon été commence comme une promesse."Charlotte est trop libre, elle ne pourra pas tomber amoureuse de toi".Il est minuit, ma mére dit "tu écris dans le vide".Avec un regard méchant.Maman trouve que j'écris dans le vide.Maman me déchire un peu.Je pourrais paniquer.Suffoquer.Ecrire dans le vide.Oui.Non.Peut-être.Ecrire dans la profondeur des corps.Peut-être le vide oui.Mais pourquoi le dire ? Est-ce que je peux tomber dans le vide ? Alors pourquoi j'ai le vertige ? Le corps de ma mére est un corps battu par l'air.

Nina a dit :" Je ne suis pas amoureuse, je suis amoureuse de l'écriture" .

J'ai peur du coup du vent sur les ventres nus.

Je promet pile.Côté.Peut-être.Il faut être patient.Me prendre à l'endroit, à l'envers, avec l'appareil.

"Trop honnête pour
proposer indécemment,
ses yeux annoncent".


Charlotte.

Par Delerive - Publié dans : kriziaii
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Samedi 25 juin 2005

 Nina a dit, le 30 octobre 1987 : "Je veux une arme pour me défendre.Je veux le plus beau corps de la terre.Je veux juste une voix qui répéte mon prénom".

Quand je vais à Talloires, je passe des heures au balcon.En face du manoir, il y'a la maison du curé.Quand on était plus jeune avec Marie, on imaginait une femme.Corps de lymphe.Mâchoire décousue.Seins paniqués.Peau douce et fraîche de morte.Des yeux comme des amandes grillées.Parfois, Marie la dessinait, moi, je l'écrivais.Et puis, ce fut un peu comme l'éveil des vices.La peau tendue.Les lévres suffocantes.La poignée de terre.Le visage sale.Odeur d'écureuil un peu mort.C'était la dame qui montait sur le curé.Toujours.Jamais l'inverse.Marie voulait le pouvoir des femmes.Au dessus.Gouvernante.Diabolique.Le draps douloureux.Mouillé.J'avais conscience que c'était un peu pervers.Je voulais toujours.Maintenant, c'est différent.On s'installe devant la villa et on admire sa cape blanche.Son allure sage.Sa bienveillance.Marie pense à son futur mariage.Marie pense au "oui, je le veux".Marie pense à la longue robe encombrante.Marie pense à cet église qui perçe, viol, émue.Oui, maintenant c'est différent.La dame guépard qui dépassait les imaginations, n'existe plus.En repli.Les fesses calmes et posées.J'apprend le gôut du sel mélangé au sang dans la bouche.Maintenant, tout me colle aux cuisses.La poitrine est relevée.Maintenant, on a conscience.Avant, ma robe était trés courte.Je laissais deviner le petit corps en soulevant le tissu pour courrir.Je rêvais de tomber.J'admirais les filles qui n'avaient pas mal.J'étais une piscine.Un toit de chaumiére.Un plafond de toilettes publique.Aujourd'hui, je tend la robe pour élargir jusqu'au genoux.Je croise les jambes, et évite les regards.Aujourd'hui, il y'a la conscience.Du bien.Du mal.J'essai d'ignorer quand on pinçe les cuisses.Je suis un escalier.Une terrasse.Un abat-jour.Je monte.Je visite.Je couvre.Maintenant, assise au balcon, Marie sanglote :"il ne manque plus que le mari".

 

 

Je suis l'orage d'hier soir.Cette pluie fine, humide et tiéde.La pluie aprés la sécheresse.La pluie pour combler.Maman dit "tu prends trop les choses à coeur".

Maman demande "tu dors mal ?".La nuit est angoissante.Parce qu'on connaît sa fin.L'été dernier, en Bourgogne, Clémence m'avait proposé de boire une biére en pleine nuit.Comme ça.En sous-vêtments.Je la suis.Je suis toujours Clémence.Elle ressemble à un garçon.Elle n'a pas de hanches ni de poitrine.Elle a des traits un peu vulgaire, des cheveux mi-long qui tombent sur les épaules.Elle sent le garçon.Elle sent le garçon de 8 ans.Plastique.Elle disait toujours "je m'ennuie".Et puis, elle regardait le derriére de ma mére en vacances.J'ai toujours suivi Clémence, parce qu'elle avait des idées loufoques.Elle était toujours sur la défensive.C'était Jean Jacques Goldam qui chantait : "il suffirait d'un signe, un matin".Clémence ressemblait à Sharon Stone dans ses habits de cow-boy.On est descendu dans la cuisine.Elle a ouvert une biére, a bu une gorgée, et m'a tendu la bouteille.J'ai trempé les lévres, et j'ai dis "j'aime pas".Alors elle a tout finit.Elle m'a dit "la nuit commence à peine".J'ai répondu à maman "oui, j'ai beaucoup de mal à dormir en ce moment".Puis, on a mis notre nez dehors.Ca sentait la forêt.La biére.La biére et son haleine.L'odeur de la nuit.Merveilleuse.On a comptés les chauves-souris.

 

 

Nicolas D. est le témoin.De ma vie.De mon écriture.Il pourrait parler, aussi bien de ma vie, que moi.Je pourrais mourrir.Il pourrait me remplacer.Me devançer.Continuer mes gestes et finir mes mots.Parfois, je me mens.Me tais.Je tais ce qu'il m'offre.Je ne le dévoile pas.Je m'adresse aux petites idées, pour taire le grand bonheur.

Je me suis assise, à la fenêtre de la chambre.Le sommeil creuse la ville.Un jour Julie a dit "parfois, au bord de ma fenêtre, avec une cigarette, je veille sur le sommeil des habitants".Je crois que je la comprend.J'aperçois la maison de Pierre, d'en haut.Quand je tend un peu le cou.J'ai respiré Pierre.Maintenant, je l'étouffe.Maintenant, quand je le croise, mon pouls s'accélére.Ma peau devient osseuse.Son corp luisant.Ses cheveux de fille.Sa langue gelée.Il frappe le sol.Il est concentré, toujours, sur sa façon de dire "Bonjour".Je crois qu'il me surveille.Il surveille les leçons de mon corps.L'oeuvre du temps.Magma.Chasse.Ma vie pourrait être forte.Mes épaules plus fiére.Ma mâchoire plus féroce.Pierre couvre ma maigreur.La recouvre.Il m'élargit, quand il passe à côté de moi.Quand il me demande si ça va, sans écouter la réponse.Je veille sur le sommeil de Pierre, où d'ici, sa maison ressemble à un regret.

Pauline avait dit : "je n'aime pas savoir, que ceux dont je parle, me lisent".Moi non plus.Je voudrais qu'on me lise sans le remarquer.Que ce soit une pause.Un secret.Je voudrais que l'on me laisse tranquille.Que l'on me protége.Qu'on empreinte le couloir sans faire attention à l'issu de secours.Qu'on m'aspire sans m'avaler.

Quand je lis un Bouraoui.J'ai la gorge séche.Nina me respire.C'est terrifiant d'aimer à ce point un auteur.Car ensuite, tout les autres paraissent médiocre.Nina transperçe mes lectures.Sue dans mes lignes.C'est une révélation.Je ne suis plus seule.

Plus tard, je serais un nid en ruine.

Charlotte.

Par Delerive - Publié dans : kriziaii
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Jeudi 23 juin 2005

J'ai vu des amours finirent mal.J'ai entendu des oiseaux chantaient sans comprendre ce qu'ils annonçaient, j'ai avalé des flocons délicat, j'ai vu des gens s'absenter, je les ai senti me manquer.Est ce que ça dure toujours l'absence ? La douleur m'est égal.Je passerais les saisons.Pauline a dit que j'étais vierge.Elle n'a peut-être pas tort.Je pourrais repousser, me défendre, pétrir.Je pourrais cogner avec mes genoux.Subir les yeux et les statues, subir ma structure, ou encore séparer mes mains.Mais mon innocence me fait peur.

 

 

La fête de la musique.Dans la rue de Béthune, il y'avait un homme qui dessinait au fusain des portraits, pour quelques euros.Les filles buvaient comme des hommes.Je m'éloignais des corps vulgaire.S me dit "je ne te déçois pas hein ? Je ne me le pardonnerai jamais".Puis S vomit.C'est l'alcool qui monte à la tête.Moi, en rentrant, je dis toujours "je n'ai pas bu".Je ne bois pas, je ne fume pas.Je joue le rôle de l'adulte.Parfois, se sont les parents qui disent "merci, vous êtes une fille équilibrée".Je manque de m'évanouir à chaque fois.Equilibre.La beauté des corps puis le dégôut."Vous êtes une fille calme".Le dégôut.Puis l'éclat de rire.Alors, je suis passée à côté de cet homme qui dessinait.Il a léché du regard mes yeux d'adulte.Il a caressé du regard, l'ondulation de mes cheveux à cause de l'humidité de l'air.Son haleine chaude.Il était seul.C'est un chien sauvage, une biche blessée.J'aurai pu m'asseoir en face, sur le tabouret.Le regarder me dessiner.Immobile.J'aurai pu.Pour la grâve avec laquelle il m'a regardé en passant.J'improvise.Je baisse le regard.Je ne veux pas."Mademoiselle, je peux ?".Non, je n'ai pas d'argent, et puis vous savez, je n'aime pas assez la forme de mon visage pour ça.Vous savez, je suis portée par les sens, et mes lignes sont infinies, irréfléchies.Menaçée.Vous pourriez m'offrir une de vos pages blanche et vierge, je pourrais vous prouver qu'il y résidera mon visage : la transparence.

 

 

M dit que je suis un peu spéciale.Il dit : "c'est à cause de l'écriture et de tes yeux noir".

Les lettres de Marie sont longues.Marie et Julien.Marie chez les Hednin.Marie et ses examens.Je connais tout.Ou presque.Marie écrit : "Je ne veux pas grandir, mais ça, tu le sais déja, je l'ai remarqué au Manoir, quand tu es sorit de table pour prendre Alexandre dans tes bras".Marie ne veut plus aimer les garçons qui ne l'aiment pas.Marie veut voler.Profiter de ses 20 ans.Marie veut couper ses cheveux avec des couteaux de cuisine."Apprend moi à devenir une femme".

J'ai souvent le vertige.Comme ça.Pour rien.Parce que j'ai peur de tomber de moi même.

Quand je me met à lire, j'entre en apprentissage.

 

 

J'ai déja oublié le lycée.Les rires.Les mains, ces vantouses.Mon pére est partout.Partout, il m'a appris à aimer.Pas à apprécçier.A dévorer.Cette envie.Je suis mon pére.Sous la forme d'une jeune fille.Je protége.Mon pére.Je souris.Je saute au cou.Je ne veux pas écrire pour me prouver.Je ne veux pas écrire pour être lue.Je ne veux pas d'une écriture mensonge.Je ne veux pas me vendre aux yeux.Je veux être ma propre lectrice.Je veux l'essentiel.Je peux tout partager.Tout offrir.On peut me tuer.En aimant.Je veux offrir les mots.Sans laisser de traçe.Sans laisser d'empreinte.Simplement les jeter.Aux visages.J'ai toujours rêvé de baigner mon corps de mots.Et d'éclabousser les passants.J'ai toujours rêvé d'être dans le mouvement du vent.J'aime beaucoup les hommes qui se rasent.La ville la nuit.Les jardins.Les amours qui oublient.

 

 

Le sourire, de l'ancien amour qui vous dit :"je ne sais plus où j'en suis", est comme le coeur qui vous arrive dans les tempes : l'envie soudaine de l'aimer à nouveau pour lui retrouver sa place.

Tzara a dit :"Nous ne voulons pas écrire, nous nous laissons écrire".

En me balladant sur Lille, hier aprés-midi, il y'avait un garçon qui me suivait, le pas pressé.Il m'arrête dans les couloirs du "Printemps".Me demande où se trouve la Rue Martin.Je répond que je ne sais pas, qu'il a inventé ce nom.Il dit que oui, c'était un prétexte.Je lui répond que c'est dommage, que ça aurait pu être plus original.Il me demande si je suis italienne, je dis que non.Il me demande si j'ai deux minutes pour le suivre.J'aurai pu répondre que j'avais toute la vie pour suivre, ramper, siffler.Lui dire que mon enfance est une grande liberté.Lui avouer que mes 8 ans se cachent.Lui dire que je suis censurée.Lui apprendre que là bas, les poétes transmettent la chute, qu'ils m'apprennent à fuir, qu'ils ont des plumes dans le ventre, qui leur permettent de voler.Mais non, je me suis contentée de dire "Non, je n'ai pas le temps".J'aurai aimé qu'il me réponde que personne ne possédait le temps, que ça ne nous empêcher pas d'aimer, de donner, de s'offrir.Mais non, il s'est contenté d'un "En fait ... voilà ... je suis tombé sous le charme, et comme j'te connais pas, je sais pas comment m'y prendre ...".J'aurai aimé lui dire "ça doit être étrange de draguer, de te contenir, de paraître, qu'est ce que ça fait ? Tu te sens intimidé ? Pressé ? Pourquoi tu ne voudrais pas seulement m'accompagner en silence le temps de finir ce couloir ? Tu sais.Juste pour dire d'être là.D'être entré dans ma vie.Sans infraction.Le silence est une politesse.Une marque d'éducation.Pourquoi tu ne m'aurais pas apporté d'idées ? Ca m'aurait enchanté, des tonnes d'idées.Pourquoi ne pas me donner de consignes.Pourquoi ne pas disparaître aprés m'avoir rendu le coquillage ? Qu'est ce que ça fait de draguer ? Est-ce que j'étais positive ? Est-ce que c'est mon parfum ? Mon allure maladroite ? Parce que je cours, je provoque ? Est-ce parce que je suis l'apprentie ? L'animal des mers chaudes ? Est-ce parce que je parle une langue de sel ? Mais non, je me suis contentée d'un "ah..." et d'un sourire timide.Il m'a demandé si j'avais un petit ami.J'ai dis "oui, plusieurs".

Charlotte.

 

 

 

Par Delerive - Publié dans : kriziaii
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Mardi 21 juin 2005

Quand j'étais petite, je voulais être écrivain, sans être lue.

Cest l'été, la chaleur, les filles sont libre.Les jupes dépassent les genoux.Le soleil rend vulgaire.Tout les visages sont léger.L'été est un coffre.On y dépose notre pudeur.Les odeurs sont nues.Les arbres pleurent de soif et les sexes les éclaboussent d'eau.S a rencontré une fille "tu sais, je crois que ça va pas durer".S prévoit, la durée, les nuits, les caresses.Pour S l'amour est technique."J'ai soif".J'ai envie d'entendre les vagues dans mon corps, de sentir le sel, de grimper dans le ciel, de détacher mes cheveux dans le sable mouillé, j'ai envie de me noyer.De bouffer le vertige de la mer des yeux.De m'offrir à un journal intime.S dit "le corps pour le corps".Moi je refuse."Oui mais toi c'est autre chose".Je ne suis pas à ma place.Je pourrais, mais je n'y suis pas.Un coin humide.Un rendez-vous immense comme l'oeuf qui s'écrase sous nos dents.Une invasion comme les poissons qui se déchirent bruyemment sous les cuisses.Le corps de S est une hâche.Le mien se fend.La vie se joue en été.Les désirs, les parfums, le sucre, les 18 ans.

J'ai passé l'aprés-midi chez B.Toujours cette odeur de neuf.Et cette maison grande comme l'oeil amoureux.Je dis "Ecrire est une folie.C'est un amour.Un amour impossible".Puis, je crois que je n'ai plus rien dit.Je n'avais plus rien à dire.Je ne dis jamais grand chose.Parce que c'est mon ventre contre le silence.Comme la terre contre la peau.Comme les enfants contre le dos courbé des chats, qui viennent caresser la nuque quand on tombe dans les escaliers.Parce que j'écoute et que je ne parle pas.C'est B qui me dit "C'est étrange, ce matin j'ai pêché, je me trouve doué, alors que c'était ma premiére fois, sinon, tu veux un jus d'orange ?".C'est le silence qui me ceuille."On ne peut pas arrêter d'écrire, c'est terrible".C'est le regard de B "t'es toujours à côté de la plaque".

Il y'a des corps qui ne prennent pas dans l'écriture.J'aimerais tellement parler de N.Je crois qu'il y'a des mots qui prennent du temps.

Je n'ai pas de nouvelles de Thomas et quand S me dit "on peut le revoir, depuis le temps", je trouve que Thomas a changé.Le temps lui a arraché le thorax dans un bain d'escalier brûlé.Il a la peau d'un Dieu de mer chaude.Ses paroles sont un signe d'infection.Il mouille à jet continu.Je n'aime plus Thomas.Pourtant, je sais qu'un jour, sa main qui a pris timidement la mienne, m'a donné envie de vaincre le monde.

Mais mains s'appliquent.Je suis déclicate.Même lorsque je veux écrire.

Les emails de Romain L sont étonnant.Je pourrais tout acceuillir dans mon corps.Mon frére parle tout seul la nuit "pardon pardon, j'arrête".Je pourrais acceuillir les mistrals soumis aux sous-marins.L'assurance du sexe.Le chaos des os.L'élégance affolée des oiseaux.L'accélération du pouls.Ou le dérapage d'une bordure.

Ma voix ne porte pas, on ne m'entend pas, on me lit.

Moi, je voudrais une amie qui fume, qui gratte, qui frotte, qui boit.Whisky.Vodka.Avec des Santiags et des yeux de chat.Une amie qui me dise "je ne rentre pas ce soir, mais tu peux m'attendre".Un peu comme Nina.

Le corps des garçons me féminisent, j'ai toujours cherché le corps qui me donnerait envie d'écrire.

Quand j'étais petite, mon amour était une désobéissance.Il ne fallait pas, la bouche, la caresse, le regard.Je lavais les cheveux, je peignais les visages, je jouais à la voleuse.Mon odeur de savon contre l'hystérie des enfants.Je ne savais pas ce qu'était la solitude, son odeur de menthe.Je me suis construite dans la voix des garçons qui disaient "calme toi".J'apprend à tomber, à fusiller du regard.Je parle pas beaucoup, j'apprend vite, je ris fort.Je suis le ravage des filles "raconte moi une histoire".La timidité exhubérante.Mon enfance est libre.Un animal sauvage.Je regarde les photos puis je dis à Maman "aujourd'hui j'ai le regard attentif, le corps boulversé, la voix douce".J'écris pour faire rejaillir ce sentiment d'enfance quand je grimpais aux grilles pour trouver mon ombre plus grande, pour tomber de plus haut.Je déteste la jeunesse qui s'arrange, je voudrais celle qui s'effondre.

Charlotte.

Par Delerive - Publié dans : kriziaii
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