C.

Salvador Dali .
| Mai 2012 | ||||||||||
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C.
J'écris la nuit qui craque. Et son os en soie qui vous caresse l'oreille pendant votre sommeil. J'écris ce trouble des choses qui se fendent. J'écris son haleine poussiéreuse aux odeurs de matins râtés. Les yeux de chat de vos lumières qui s'éteignent. Et celle qui s'allume aveuglante, de vos draps qui coulent du lit. Cet éjaculation des cauchemards suant qui chatouille les cils tremblant. J'écris la bouche pleine de jour. Les nuits de femelles. J'écris les routes qui se vident sous le sourire sardonique de la lune poilu. J'écris les corps qui se mettent à danser, brûlant, comme des robes de mariés dans l'égoût. Ces corps qui se mettent à danser quand le voile inquiétant de la nuit vient recouvrir leurs épaules martelés par la fatigue. L'eau de la nuit vient humidifier leurs muscles tendues comme une route vers le ciel. Les corps deviennent souples. Les graisses se fendent. J'écris le jus de l'ombre. Quand les visions tièdes font transpirer les désirs cotonneux. J'écris les regards de cendre qui se ferment. J'écris l'occasion d'oublier. La nuit. Le lac immobile qui cache sous sa gelée, des monstres de paresse. Des monstres aux nageoirs de chaire qui dorment le jour. J'écris la peau du cou qui attrape froid entre deux couvertures de coutaux. J'écris le sang qui monte à la tête. J'écris le blanc des mémoires contre le noir du ciel. J'écris l'obscurité et son calme trompeur. J'écris la voix d'argent qui veille. Et les ongles long des sorcières qui viennent titiller le sexe des petites filles. J'écris le trouble de la bulle de sang qui éclate dans le silence. J'écris les dents en poils de rats des sorcières qui viennent mordre les tétons de la lune. Les pleurs étouffés, flottant comme un deuil. J'écris le temps suspendu. Les lignes de vie dans la paume de main qui s'étirent et s'allongent le long du bras comme une lame de rasoir vient inciser la peau. Le coude qui s'effondre comme du sable mouvant dans les draps sales. La chaire de poule qui s'installe dans le dos. J'écris le duvet de la solitude. La chambre orpheline qui grelotte. Et les vomis retenus dans la gorge. L'odeur des fleurs qui vous tourne le dos. J'écris la nuit et sa flamme oubliée dans le couloir. Le marteau immense qui vient frapper sur vos corps endormis. Son cri qui foule vos poils comme la biche foule l'herbe pour échapper aux chasseurs. Vos lèvres comme des serrures. Les pleurs séchés qui dansent sur le mur avec l'ombre chinoise. J'écris la beauté sale de la nuit. Et vos genoux qui cognent vos visages dans une pièce close. Vos nerfs qui éclaboussent. J'écris le corps de l'homme, le corps de la femme qui s'endorme comme une lourde pierre tombe du ciel au milieu de l'océan de vagues de sueur apaisante. J'écris les mains moites qui retiennent la jouissance dans des cheveux gras. J'écris le murmure de cette nudité. J'écris la nuit et les derniéres lectures qui s'en vont mourrir dans le creux de vos ventres. Les contes crasseux qui termine leurs masturbations dans les bouches béantes ouvertes des nourrissons sereins. Les chapelets qui viennent fouetter vos cuisses de jument en pleine course. J'écris la nuit qui se casse dans les lettres non finis qui traînent sur les bureau comme un couli de sperme brillant le long d'un ventre de chienne morte. J'écris ce trouble qui m'empêche de dormir. Ce trouble-là. D'une langue nocturne qu'on ne digére pas. J'ai laissé passer trop de nuits dans le corps. Je suis la prostituée des grands rêves. Un sexe masculin me cogne le front. C'est le sommeil qui propose sa rafale mais le coeur de la terre me montre ses dents. J'écris la nuit qui se casse comme un corps qui refuse de tomber.
[ Ce n'est pas l'exception qui confirme la régle mais c'est souvent la régle qui empêche l'exception. ]
[ P. m'appelle dans la nuit, et sa voix qui chante c'est une voix qui m'appelle. ]
C.
Ici, les femmes n'ont pas de sexe. Une peau neuve et épaisse recouvre leurs entre-jambe comme deux ponts reliés par un arc-en-ciel de chaire grasse. Une peau de petite fille silencieuse comme le naufrage. Des petites filles lourdes de silence comme le bruit d'une bille qui tombe sous l'armoire. Une colére anodine. Ici les femmes n'ont pas de sexe et se frappent avec les dents. Des dents molles comme du réglisse en sang. Les descriptions ne leur suffisent plus. Leurs chignons propre n'ont plus de fin. Ils dansent dans leur bas du dos en caressant leur fesses comme des fontaines. Se roulent autour de leurs oreilles comme des frontières. Recouvre leurs yeux de timidité blessée. Comme des filets jetés au hasard sur leur hanches océaniques. Leurs hanches de paille séche. Comme la méche est à l'allumette. Des hommes se baladent les narguant avec leurs langues en feu. Mais rien ne s'allume. Rien ne prend. Les femmes sont hors d'atteinte. Les femmes sont captives. Elles attendent dans un silence de dernière bataille. Dans l'ombre comme des chiennes bleu prise dans un piége. Leurs seins s'affaissent comme des boutons de fleurs usés. Elles ont la gueule qui sentent la terre. Et leurs chignons parfois tournent et voltigent comme des queues de hyènes heureuses et excitées. Elles ont les lèvres si fragile qu'un coup de dent les effondre comme de la farine. Elles ne glissent pas sur le carrelage froid de la peau des hommes. Elles ont les ongles trop court pour arracher. Elles battent la mesure futile, avec leurs talons en cristal sur un coeur qui gonfle de désir.
Et toi, amoureuse sans lendemain. Que je délaisse dans des draps à l'odeur de mots en relief, un matin. Toi, amante sans visage, que je délaisse dans cette chambre froide avenue des Incompatibles. Toi, à qui il me reste un peu de cheveux sous les ongles. Toi, amante retenu par des fils de purée d'ongles. Toi, que je caresse avant de frapper, dans le fond d'un lit sans lumières. Toi, que je n'ose pas approcher parce que tu as le silence de ces petites filles. Ces silences qui a toute vitesse suent dans la nuit. Toi, qui a mes yeux dans la bouche. Le bruit de la mâche amoureuse. Le bruit de ton palais qui presse mes pupilles pour en retenir le jus. Toi qui éclabousse mon visage douloureux. Toi qui partage l'incompréhensible avec ta bouche qui enroule la mienne. Toi, qui a sursauté quand j'ai claqué la porte comme on referme le sexe. Tu as le cou rival. Et j'ai pendu notre aventure. Comme une ombre qui s'envole. J'ai laissé les matins. Je laisserai les matins. Tout les matins. Au creux ta chute.
Les matins silencieux comme ces petites filles, qui lisent avenue des Inconnues prosternés. Chambre 23, couloir rouge.
Tes bretelles de soutien-gorge jouent aux funambules sur tes épaules. J'imagine que tout est minuscule. Les fenêtres ouvertes. La table de chevet. Le lit. Les miettes. Je suis le silence intimidant. Celui qu'on déteste et qu'on redemande.
Je te laisserai faire. Minuscule. Ton corps sur le mien. Les draps deviennent une ombre qui suent nos cadavres. Tu es le fond de l'air qui fouette le silence. Tu es le fond de l'air qui dépose la poudre d'or sur les morts. J'ai une petite fille qui gît sur ma poitrine comme une pierre tombale. Toi, ton geste qui fait fuir les chats halétants et fatigués. Toi, l'amante glaçée qui se givre dans le ventre. J'ai des poches sous les yeux. Tu es la fatigue. Tu es la lutte. J'ai un duvet de poudre glaçée sur les cuisses. Tu as éternué ta violence. Je te laisserai faire. Je suis l'observation anodine. Le manque qui déstabilise. Je me met dans ta peau. En silence. Avec violence. Effaçée. Je ne suis pas concernée par moi-même. Je te décrirais. En silence. Le silence de l'éclat. Que nous attendions.
J'ai la langue d'hiver.
Je veux la marque de tes genoux sur mes lèvres. Je veux voir gonfler ma langue sous les coups. Je veux que tes épaules cognent sur ma poitrine alcoolisée. Je veux te voir te baisser pour ramasser mon corps en miettes. Une femme se voile les yeux avec des mains trouées. Je veux sentir tes doigts nerveux tirer sur mes racines. Les rues s'encombrent des corps brut qui tombent les uns sur les autres. Et des passantes à la robe légére marche au dessus des cadavres, en tressant leurs cheveux à l'odeur de peaux brûlées. Je veux sentir ta langue se débattre sous mes molets. Une cloche gigantesque se souléve du ciel. Je veux te sentir suer de l'or fin dans ma bouche. Je suis l'écartée. Tout en moi s'écarte. Tout en moi secoue. Je suis le corps du silence. Je veux l'empreinte de ton auréole humide sur mon nez. Je fouine dans les coins, à la recherche de l'odeur des pierres tombales. Je suis collée contre mes jambes pendant qu'une femme monte sur mon dos pour planter le drapeau des capitales salies. Je suis un mâle mi-clos en déplacement. Et mon mouvement est féminin. Je frotte mes gençives contre tes dents et j'enfonçe mes doigts dans une ampoule. Je suis le corps qui cherche les lumières. Je suis mon anonyme. Une silhouette mordue jusqu'au sang par mon ombre. Je disséque mon visage. Avale mon menton. Je manque de moi. Je suis belle. Je voudrais tes mains qui prennent mon cou et le gorge de sauce timide. Des cadavres glissent sur la neige. Je suis ce que je veux de moi. Je suis des yeux, ma colére asexuée en brandissant les poings vers le ciel pour crever les abscés des bouches masculines. Je veux ta bouche qui dérape sur le goudron quand je te frôle. Je veux des bouches dans mon corps. Pinçées. Des bouches qui s'essouflent dans mes yeux. Des bouches aux vitrines. Des bouces dans l'assiette. Des bouches qui dansent sur des rasoirs. Je suis ma prisionnére.
[ Je dépose mon foie sur l'oreiller. Une femme écarte mes côtes. Une mer me noie. Je n'ai pas la folie. J'ai son idée. Je dessine l'empreinte de mes doigts sur les murs. Et des milliers de langues léchent le papier peint veillis. ] L'entre-ouverture est acide. Sous mes doigts, les corps se décomposent. Dans les rues, on annonce que j'ai perdu ma virginité. Un train s'élançe vers le ciel. Une pluie d'étoiles me tombent dessus. Je léve les bras pour protéger mon visage. Le poussière vole autour de moi. Je me débat et le sang couleur d'argent se méle aux miettes d'astres. Mon cou se fend. Les étoiles sont des pierres. Les hurlements de la rue deviennent des chants de guerre. J'aimerai ne jamais revenir. Je pense parfois à une mére qui brûlerait les chevex de son mari en pleine nuit, et irait les mélanger au lait dans la tasse des enfants au petit matin du désir masochiste. Mes dents tombent en jus dans ta bouche. Je ris. Je ris. Je ris. J'attrape une crampe aux amydales. Ta langue est tombée dans ma main. Je ris. Tout ça est si banal. [ Les mots se déhanchent sur mes cuisses. Ils n'atteignent jamais le sommet. L'arbre sans tronc dépose ses baranches baignées de solitude dans ma gorge. Je dois supporter. La cadance est érotique. Mais le fond ressemble au début. A la première lettre. A la première feuille. J'ai en moi tout le talent du monde. Mais mes doigts n'écrivent pas assez vite. Le chef-d'oeuvre m'échappe. ] J'ai l'haleine nue des milliers de fleurs malade. J'ai le cancer des images. Je suis bourrée de mots à quattre pattes. L'imagination sucrée de perles de virginité. Le vice des femmes contre celui des hommes. Parce que tous se ressemble. Tous ici rêvent de là bas . Là bas où je suis déja. Et quand je tend les lèvres, une insomnie vient me frapper par derriére, me rappellant à l'ordre. Je suis au théâtre et c'est mon propre personnage qu'on joue. C'est une scène comique.
C.
[ Se protéger contre le plagiat : http://fr.creativecommons.org/ . ]
Je suis la toute-puissante que tu cherches, qui se souvient de tout sans n'avoir jamais rien vécu.
Il y'a dans tes os, du vert, de l'herbe coupé, et neuve. Mais ce qu'on voit, ce qu'on sait, c'est l'herbe séche, morte, jaune, veillis, celle qui reste dans les ongles.Tu fais un trou dans ma joue gauche. Et tout les mots tournent. Ils tournent. Je veux que tu les vois tourner. Je veux que tu les rattrapes. Je veux que tu tendes la main. Que tu tendes les muscles vers moi. Allez. Je veux que tu tendes tes lévres, ta peau, ta langue, ta poitrine peureuse vers moi. Aide-moi. Rattrape-les. Ils tournent. Tous. Ils tournent et se fondent comme la neige ensanglantée de ton sexe. Comme le feu des rues qui se mélangent à ta démarche. Quand je te vois passer. Devant eux. Que je ne supporte pas. Tu m'appartiens. Tu m'appartiendras. Quand tes jambes bougent, provocantes, et que les vitrines cassent. Quand tes cheveux tombent et font éternuer la terre. Viens les rattraper. Quand tes fesses se lève vers les ciels anciens. Et qu'ils sont, eux, rampant dans la vie. Trop de vie en eux. Fausse. Trop de vie fausse. Viens les rattraper. Viens nous rattraper. Ils tournent, les mots, ils tournent. Comme ma tête. Comme ton corps. Dans les rues que j'imagine. Que je ne connais pas encore. Et qui m'obsédent. Mais deviens. Deviens je t'en prie. Le vrai corps qui me rattrapera. Ma joue se fend et tout les mots entre. Tiffany. Interdit. Ton prénom que je ne sais pas prononcer. Ton prénom comme une balle de fusil qui danse avec les oiseaux sans ailes. Les oiseaux aux dents plus longues que tes bras qui se balançent le long de tes hanches de sable, qui s'évapore. Je te vois passer. Dans ces rues. Partout. Rattrape-les mots. Je suffoque. Je perd haleine et liqueur. J'ai l'abricot au poivre qui se penche. Je suis belle, regarde-moi. Je simule. Rattrape-les mots. Allez. Je simule. Dans un coin. Je ne sais plus respirer. Les rues se font l'amour. L'une en dessous, l'autre en dessus. Plus rien. Je ne veux pas les voir. Peau contre peau. Pavés contre pavés. Les rues s'accouplent quand tu danses en silence, la tête baissée, les mains sans fins, qui traînent le long de ton ombre. Je ne supporte pas. Et toujours ces mots, ces mots qui me remplissent la joue gauche. Certains chutent sur le bord de ma langue. Je suis l'incendie que tu n'oses pas approcher. Et tes lunettes se fendent sur ton nez, quand je te gifle. Tes cheveux entre les pavés comme des restes. Tu es belle quand ton penditif serre ta gorge de vierge. Regarde comme moi aussi, je suis belle. La seine vide coule entre mes yeux. Et quand je tend les lévres pour t'embrasser, des mots s'envolent et comme des chauves-souris vont piquer les crânes voisins. Ne les écoute-pas. Ne les écoute-plus. Je suis la toute-puissante que tu cherches. Rattrape-les mots. Tu auras besoin de moi. Je glisse sur ton nez, comme un sexe qui lançe son lasso. Ne me laisse pas pleine. Ils m'envahissent. Les mots. Certains se cognent maintenant contre mes dents blanche comme ta peau du dos, où le sang ne circule plus quand je laisse ma main glisser le long de l'échine. Je suis l'aventure qui t'attend. Retiens-les. Mon palais suffoque. Les mots me font hurler comme une enfant a la voix cassée. Et mes amidales couchent dans tes draps. Baignés de phrases absentes. Regarde comme je simule. Regarde comme les mots prennent toute ma gorge. Comme j'ai le visage fissuré de mots. Des mots partout. De toi. De moi. D'eux parfois. Rattrape-les. Je suis la toute-puissante que tu cherches. Tend vers moi ta main de mastubatrice sans feuilles. J'ai les bas qui font brûler ma peau, qui taillent dans le sang. Je ne sais plus courrir. Je suis la beauté paralysée. Et je te vois passer, dans cette rue, dans ces rues, dans ma gorge, comme une amante qui ne se rend pas compte. Et je reste là, à avaler ta langue. Devant les yeux indifférent. Et mon visage de dormeuse. Les yeux ouvert comme des sexes inconnus. Et les mots qui coulent, le long des joues troués. Ne me rattrape-pas. Je veux fondre sur le pavé, comme les soumissions molles de nos hâches étroites.
Je suis la toute-puissante que tu cherches, qui se souvient de tout sans n'avoir jamais rien vécu.
[ Tiffany. L'amante. en photo. ]
C.
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