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Samedi 17 décembre 2005

Avec ta chemise bleu et tes fines boucles brunes qui chutent dans ta nuque, délaissées. Tout ça est trop petit, tout ça ne va pas, tu comprends. Je me met à guetter, ta paupiére qui tremble avant de s'endormir. Le dernier souffle qui réchauffe ma langue avant que tu retires ta bouche. La derniére goutte avant que tu passes ta main sur ta bouche. Je guette quand tu tousses, la derniére raclée qui t'étoufferait. La derniére méche qui tombe et t'embête quand tu attaches tes cheveux dans une tresse parfaite. Le pavé moins droit sur lequel tu butes. Je guette, l'oiseau qui pourrait griffer ton crâne dans les rues et te faire saigner. La trace de maquillage imparfaite sur tes yeux. Le trou dans les collants au niveau des genoux. La dent qui s'apprête à tomber, balançant entre les gençvies ensanglantés. La veine qui bout au poignet, et dont on devine la forme, celle qui s'apprête à éclater. Je guette, les doigts moites qui s'approcheront de leur braguette. La photo qui se déchire avec le temps sur tes murs. Le cheveux qui reste dans ta baignoire. Le vernis écaillé. La griffe recouverte d'un pansement dans le bas du dos. Je guette, le pansement sale, et le sang femelle. L'arme qui resterait au fond du sac à main. Je guette la berçeuse qui déraille dans tes cauchemards. La tâche que tu essuirais. Ta peau lunaire qui fondrait comme la bougie qui sue. Les bulles de champagne qui s'apprête à piquer tes yeux quand tu ouvres la bouteille. La marche sur laquelle tu vas déraper dans les escaliers. La porte qui va se refermer sur ton nez. La sonnerie qui va raccrocher. La lumiére qui grillera ton ventre dans ta chambre. Je guette la clé qui n'arrivera plus à ouvrir ta cage. La babine qui se retroussera. La pluie qui mouillera ton front. Le manége qui te fera vomir. Je guette le tissu de ta robe qui s'apprête à craquer. La page du journal intime qui te fera honte. Le petit lit en or blanc qui se fendrait en deux. Les traces dans le fond des draps. Je guette la lettre que je pourrais déchirer. La cheminée qui s'apprête à cracher son feu sur ton visage. L'auréole sur tes mamelles. Le jus que tu avaleras de travers. Tes oreilles qui saigneraient de tes bijoux trop lourd. Ton cou qui se casserait dans la colére. Je guette, tu vois, je guette. Je guette sans cesse. Sans cesse. Cesse. Sans. Vraiment. Je guette, ce qui me permetterait d'écrire.

 

[ A la soirée de Julie ]

C.

Par Delerive - Publié dans : kriziaii
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Commentaires

Je guette le plateau qu'elle pousse du pied... Je guette aussi. Mais je reste discrete.
Je te montrerai un jour les bonnets de Pere Noel qui dansent autour de la masse bizarre...
Commentaire n°1 posté par E le 18/12/2005 à 15h09
Comme un chasseur aux aguets...
Commentaire n°2 posté par JB le 18/12/2005 à 16h05
Guetter... c'est le propre de celui qui aime écrire. Etre spectateur. Et ne vivre qu'avec ce regard là, comme si tout se passait pour la première fois. Et comme si, après ça, rien ne sera plus pareil.
Commentaire n°3 posté par sarah.:.l'étoffe de nos rêves.:. le 19/12/2005 à 18h19
en bref, la fragilité.
Commentaire n°4 posté par Mademoiselle O le 20/12/2005 à 08h16
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