
Salvador Dali .
| Novembre 2009 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | ||||||||||
| 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | ||||
| 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | ||||
| 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | ||||
| 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | ||||
| 30 | ||||||||||
|
||||||||||
Je suis la première du monde. Il n'y a pas de masques, pas de rôles, pas de scriptes. Le ventre ouvert, je suis prête à acceuillir. Je suis la première du monde. Personne ne me lit. Lâchée comme un fauve, dans les rues bruyantes. La première silencieuse. Je suis le temps d'arrêt. Il est minuit, les draps s'étalent, le pendu prépare sa corde. Je suis la premiére du monde. Mon miroir est indifférent. Je passe en vous comme la premiére goutte d'eau. Vos corps moites. Je suis la nudité des sauvages. Dans vos bras qui empoignent la lumiére. Vitesse vitesse. Je suis le temps perdu dans le fond de l'égôut. Je dessine vos visages fières au rouge à lèvres sur les glaçes des toilettes du lycée. Je m'en vais éteindre toutes les guirlandes de Noël. Je suis la première du monde. Je renverse mon ombre brûlante sur la cuisse gauche de ma mére. Je suspend la rue à vos lèvres de chienne. Quand l'oncle dit "Salope", je suis le diamant papillon. La première du monde. J'arrive vers vous, l'hiver coulant sur mes doigts, avec ma robe trop longue, je me prend les pieds dans vos tapis sales, et je continue rampante, à danser pour la princesse de rien. Vous caressez l'eau sans la faire bouger, ma bouche se tait. Premiére du monde, je sors de l'eau le visage transparent, je traduis la nature. Vos seins donnent la nourriture à la douleur. Tirant les couilles de Rimbaud, ma langue se fend en deux. Ombre lumiére blanc noir miel sel seul tous ciel terre grand petit froid chaud frais sec. Je suis la première du monde. L'Eve aux pieds nues. L'Eve déchirant la peau d'Adam, sans y gôuter. Mon grenier est jeune. Sur mes grandes jambes, je tend les mots pour atteindre le soleil. Vous attendez que je m'éveille. Je suis la crainte endormie. Madame, ne m'approchez pas. Je suis le gouffre à souvenirs. J'acceuille, vos rêves, vos désirs, vos peurs, vos plaintes. Je suis le vertige des émotions. Tapie dans un coin de vos pièce, je conserve votre petit intérieur. Le front nue, vous pouvez caresser, une peau propre. Y voir les yeux de vos yeux, les bouches de vos bouches. Je tire le rideau de vos théâtres. C'est moi qui dégraffe vos sous-vêtements Mademoiselle, dans vos sommeils. Je m'occupe de vos illusions. Je suis la première du monde. C'est moi qui ouvre votre fenêtre garçon pour rafraichir la nuit d'amour. Vos sueurs vulgaire. C'est moi qui cache votre femme sous le lit. Vos meurtres grossiers. Je n'oublie pas les accents. C'est moi qui écrit vos lettres. C'est moi qui fait trembler vos caresses. C'est moi qui fait glisser vos yeux sur mes mots. Je n'empêche rien, tant que rien n'entre en moi. Bloquer vos pupilles sur ce mot là : la première. Bloquer ici. Ne continuez pas. Arrêtez-vous. La forêt prend feu, c'est moi la femme nue qu'on achève innocente. Dans une grimaçe qui se moque. Tirez-moi les jambes, arrachez moi les cheveux, crevez mes yeux, mordez mes cuisses, embrassez ma bouche, frappez sur mes épaules, déchargez dans mon entre-jambe, Monsieur, je suis celle qui débarasse, le gouffre où la nuit dérape, déposez ici, sans publicités s'il vous plaît, déchargez dans la fente adorable, où les guêpes viennent suçer le miel des fleurs solitaires, renversez votre liquide indomptable, et tiéde, lâchez vos muscles, que je les sente couler dans le gouffre rieur, secouez vos hormones, déboutonnez vos pulsions, éjaculez vos rêves enfouies, je suis celle qui acceuille, sans tête déja, mise à mort, brûlée, le nombril grimaçant sous vos coulis de mâles, offrez moi vos caprices, sentez monter la tension, tendez votre honte en moi, je suis la première du monde, ouverte, et décédée de vos rires. Eteignez vos coléres, versez en moi, tout le soleil de la terre, tout les bois fragile de la nuit, c'est de moi dont vous avez envie. Je suis un abri gratuit. Eteignez moi, suçez le ventre plat de l'ennui, déchargez dans l'entre-jambe, l'élastique brillant et mouillé, que je tirerez pour voir s'élançez la nudité de l'impossible. Ejaculez vos coups de poings, et ces centaines de femmes qui vous ont coupé le sexe vanté. Consolez-vous, dans un corps qui manque à son propre corps, venez profiter, venez faire mal, et détruire, un visage tombé à terre, dans la boue de vos hontes. Venez chanter la pureté de vos empreintes. Et vengez cette impuissance qui régne dans le brouillard de vos nuits. Défigurez votre fureur dans mon gouffre. Je suis la première du monde. La douceur déguisée, qui traverse vos chemins, sans écraser vos pieds, et que vous retrouvez violée, sourire glaçée aux lèvres, pas encore tout à fait morte, la poitrine comme une montagne hurlante qui faisant des va et vient, cherche l'air, dans les poumons, humide et cajolée des étoiles, étalée dans vos visions, je serai la première du monde, muet cauchemard, que vous voudrez oublier.
C.
Commentaires