
Salvador Dali .
| Mai 2012 | ||||||||||
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Je suis la première du monde. Il n'y a pas de masques, pas de rôles, pas de scriptes. Le ventre ouvert, je suis prête à acceuillir. Je suis la première du monde. Personne ne me lit. Lâchée comme un fauve, dans les rues bruyantes. La première silencieuse. Je suis le temps d'arrêt. Il est minuit, les draps s'étalent, le pendu prépare sa corde. Je suis la premiére du monde. Mon miroir est indifférent. Je passe en vous comme la premiére goutte d'eau. Vos corps moites. Je suis la nudité des sauvages. Dans vos bras qui empoignent la lumiére. Vitesse vitesse. Je suis le temps perdu dans le fond de l'égôut. Je dessine vos visages fières au rouge à lèvres sur les glaçes des toilettes du lycée. Je m'en vais éteindre toutes les guirlandes de Noël. Je suis la première du monde. Je renverse mon ombre brûlante sur la cuisse gauche de ma mére. Je suspend la rue à vos lèvres de chienne. Quand l'oncle dit "Salope", je suis le diamant papillon. La première du monde. J'arrive vers vous, l'hiver coulant sur mes doigts, avec ma robe trop longue, je me prend les pieds dans vos tapis sales, et je continue rampante, à danser pour la princesse de rien. Vous caressez l'eau sans la faire bouger, ma bouche se tait. Premiére du monde, je sors de l'eau le visage transparent, je traduis la nature. Vos seins donnent la nourriture à la douleur. Tirant les couilles de Rimbaud, ma langue se fend en deux. Ombre lumiére blanc noir miel sel seul tous ciel terre grand petit froid chaud frais sec. Je suis la première du monde. L'Eve aux pieds nues. L'Eve déchirant la peau d'Adam, sans y gôuter. Mon grenier est jeune. Sur mes grandes jambes, je tend les mots pour atteindre le soleil. Vous attendez que je m'éveille. Je suis la crainte endormie. Madame, ne m'approchez pas. Je suis le gouffre à souvenirs. J'acceuille, vos rêves, vos désirs, vos peurs, vos plaintes. Je suis le vertige des émotions. Tapie dans un coin de vos pièce, je conserve votre petit intérieur. Le front nue, vous pouvez caresser, une peau propre. Y voir les yeux de vos yeux, les bouches de vos bouches. Je tire le rideau de vos théâtres. C'est moi qui dégraffe vos sous-vêtements Mademoiselle, dans vos sommeils. Je m'occupe de vos illusions. Je suis la première du monde. C'est moi qui ouvre votre fenêtre garçon pour rafraichir la nuit d'amour. Vos sueurs vulgaire. C'est moi qui cache votre femme sous le lit. Vos meurtres grossiers. Je n'oublie pas les accents. C'est moi qui écrit vos lettres. C'est moi qui fait trembler vos caresses. C'est moi qui fait glisser vos yeux sur mes mots. Je n'empêche rien, tant que rien n'entre en moi. Bloquer vos pupilles sur ce mot là : la première. Bloquer ici. Ne continuez pas. Arrêtez-vous. La forêt prend feu, c'est moi la femme nue qu'on achève innocente. Dans une grimaçe qui se moque. Tirez-moi les jambes, arrachez moi les cheveux, crevez mes yeux, mordez mes cuisses, embrassez ma bouche, frappez sur mes épaules, déchargez dans mon entre-jambe, Monsieur, je suis celle qui débarasse, le gouffre où la nuit dérape, déposez ici, sans publicités s'il vous plaît, déchargez dans la fente adorable, où les guêpes viennent suçer le miel des fleurs solitaires, renversez votre liquide indomptable, et tiéde, lâchez vos muscles, que je les sente couler dans le gouffre rieur, secouez vos hormones, déboutonnez vos pulsions, éjaculez vos rêves enfouies, je suis celle qui acceuille, sans tête déja, mise à mort, brûlée, le nombril grimaçant sous vos coulis de mâles, offrez moi vos caprices, sentez monter la tension, tendez votre honte en moi, je suis la première du monde, ouverte, et décédée de vos rires. Eteignez vos coléres, versez en moi, tout le soleil de la terre, tout les bois fragile de la nuit, c'est de moi dont vous avez envie. Je suis un abri gratuit. Eteignez moi, suçez le ventre plat de l'ennui, déchargez dans l'entre-jambe, l'élastique brillant et mouillé, que je tirerez pour voir s'élançez la nudité de l'impossible. Ejaculez vos coups de poings, et ces centaines de femmes qui vous ont coupé le sexe vanté. Consolez-vous, dans un corps qui manque à son propre corps, venez profiter, venez faire mal, et détruire, un visage tombé à terre, dans la boue de vos hontes. Venez chanter la pureté de vos empreintes. Et vengez cette impuissance qui régne dans le brouillard de vos nuits. Défigurez votre fureur dans mon gouffre. Je suis la première du monde. La douceur déguisée, qui traverse vos chemins, sans écraser vos pieds, et que vous retrouvez violée, sourire glaçée aux lèvres, pas encore tout à fait morte, la poitrine comme une montagne hurlante qui faisant des va et vient, cherche l'air, dans les poumons, humide et cajolée des étoiles, étalée dans vos visions, je serai la première du monde, muet cauchemard, que vous voudrez oublier.
C.
Avec ta chemise bleu et tes fines boucles brunes qui chutent dans ta nuque, délaissées. Tout ça est trop petit, tout ça ne va pas, tu comprends. Je me met à guetter, ta paupiére qui tremble avant de s'endormir. Le dernier souffle qui réchauffe ma langue avant que tu retires ta bouche. La derniére goutte avant que tu passes ta main sur ta bouche. Je guette quand tu tousses, la derniére raclée qui t'étoufferait. La derniére méche qui tombe et t'embête quand tu attaches tes cheveux dans une tresse parfaite. Le pavé moins droit sur lequel tu butes. Je guette, l'oiseau qui pourrait griffer ton crâne dans les rues et te faire saigner. La trace de maquillage imparfaite sur tes yeux. Le trou dans les collants au niveau des genoux. La dent qui s'apprête à tomber, balançant entre les gençvies ensanglantés. La veine qui bout au poignet, et dont on devine la forme, celle qui s'apprête à éclater. Je guette, les doigts moites qui s'approcheront de leur braguette. La photo qui se déchire avec le temps sur tes murs. Le cheveux qui reste dans ta baignoire. Le vernis écaillé. La griffe recouverte d'un pansement dans le bas du dos. Je guette, le pansement sale, et le sang femelle. L'arme qui resterait au fond du sac à main. Je guette la berçeuse qui déraille dans tes cauchemards. La tâche que tu essuirais. Ta peau lunaire qui fondrait comme la bougie qui sue. Les bulles de champagne qui s'apprête à piquer tes yeux quand tu ouvres la bouteille. La marche sur laquelle tu vas déraper dans les escaliers. La porte qui va se refermer sur ton nez. La sonnerie qui va raccrocher. La lumiére qui grillera ton ventre dans ta chambre. Je guette la clé qui n'arrivera plus à ouvrir ta cage. La babine qui se retroussera. La pluie qui mouillera ton front. Le manége qui te fera vomir. Je guette le tissu de ta robe qui s'apprête à craquer. La page du journal intime qui te fera honte. Le petit lit en or blanc qui se fendrait en deux. Les traces dans le fond des draps. Je guette la lettre que je pourrais déchirer. La cheminée qui s'apprête à cracher son feu sur ton visage. L'auréole sur tes mamelles. Le jus que tu avaleras de travers. Tes oreilles qui saigneraient de tes bijoux trop lourd. Ton cou qui se casserait dans la colére. Je guette, tu vois, je guette. Je guette sans cesse. Sans cesse. Cesse. Sans. Vraiment. Je guette, ce qui me permetterait d'écrire.
[ A la soirée de Julie ]
C.
C.
Tu étais dans la vitrine de ma bouche dégoutée. Usée par des tentatives perdues. Et je t'ai porté dans mon sexe comme un fardeau. On dit dans les rues, que tu fauchais ta tristesse dans ton lit. On dit que j'aurai du faire attention. On dit que tu m'aimais. Et moi, je connais un gôut qui me donnait envie de vomir. De ta langue de fourrure dans mon cou qui crévait de froid. Je suis le non d'aimer. On dit dans les couloirs, qu'en fait j'aimais les filles. Avec les beaux yeux lointain de la dame qui vole au dessus de vos arbres. Celle qui d'un coup de pied, renverse les feuilles dans la cour. Celle qui approche le soleil entre les branches, brûlante, du bout des doigts. Viens, viens. Avec ces ongles, elle caressent les rayons et vous fait croire à l'autonome. L'amant lourd me fait du pied sous les bureaux où je m'attarde. On dit que je t'ai froissé. Maman disait que j'avais peur des morts et elle répéte aux étoiles "je ne comprend pas, je ne comprend pas, pourquoi elle a fait ça". Et moi en dessous du dos, les poumons qui battent leur dernière cadence qui déborde de silence. La mort ouvre sa bouche sous ma robe. On dit que tu te cognais la tête contre les murs. Et moi, je te tirais les cheveux en cachette. Quand tu te retournes, je te paie. Je paie un amour qui m'écoeure. Je te donne. Mes épaules de nouveaux-nés. Ecoute, ecoute, mon sang d'urine qui bat. Et si je baisse la tête, ne les écoute pas dire, que les branches se rapprochent. Reste à me regarder. Je me dessine devant toi, sans cris. Je deviens la peinture invisible, entend entend, les coups de pinceaux qui me dessine un visage de morte. Dis adieu aux minutes. Chante chante chante, quand je passe à côté de toi sans te regarder. Chante et dire-leur que j'ai le fente close. Un néon de tristesse illumine mon nombril étouffé de goudron. Je suis la raciste de moi-même. Bouche-toi les oreilles quand je cris mon mépris dans le creux de ton épaule. On dit dans les salles, que parfois tu tremblais devant moi et ma mére qui répéte brillante de larmes "je ne comprend pas". J'ai des mots d'ignorés, des tâches de rousseur quand on me lit. Partout. Déborde. Vide. Je n'en peux plus. Plie-moi dans un livre, et enveloppe-moi de poitrine nue qui me consolerait d'un amour qui noue le supplice. On dit dans les cours qu'il ne fallait pas m'aimer. Je danse. Je danse, et je fond sur vous comme on passe au feu rouge. Regarde-moi bien avant que je te pousse sur ces routes, et que je conduise ces machines obscénes qui viendront te laver le crâne de sang. Je roulerais sur toi. Regarde-moi dans la bouche. Il y'a encore ton gôut qui envahis. Dans la capitale, les violons s'agenouillent et chante pour la mer. La mer, qui appellée, vient recouvrir la place publique. Regarde-moi bien quand j'irai tendre la main pour la petite noyée qui descend du hasard et qui finit par dire Bonjour juste avant de mourrir. Regarde-moi bien la sauver. Regarde-moi passer ma main sous son cou et la secouer pour la faire respirer. Regarde-moi dans ce geste là. Regarde, regarde. Ecoute bien ce qui se passe. Les mains des femmes dans les mains des femmes dans les mains des femmes qui viennent déposer l'instant dans les mains des petites filles. Tout ça envahit. Regarde-bien. Tu es en dehors. Je t'aurai laissé mourrir. Regarde-moi bien dans ce charme là. Je te montre les mouvements, et je la prend par la taille. Dans un dernier souffle. L'eau qui l'étouffe dans les narines, dans la gorge. L'eau qui l'empêche de respirer. L'eau salée de la mer urbaine. Dans un dernier souffle, elle dit Bonjour puis meurt. Admire l'ordre des choses. Croise-là dans mes yeux. La noyée. Heureuse d'être sauvée. La noyée, enchantée, je vais mourrir. Ton coeur bat dans ta tête qui n'y peux plus rien déja. La mort tourne tourne et t'invite à danser, habillée d'une robe noir se prenant pour l'éternité. Regarde-moi te sourire dans ce moment là. Ce moment d'angoisse. Et ta langue qui retourne à l'intérieur comme un petit animal peureux. T ango suant. Ecoute bien mon sourire glisser comme une mousse de pétales quand je sens que tu t'étouffes. Etouffer. Désordre. On dit dans ton coeur, que je recouvre tout. On dit que je montais avec toi mais que je te détestais. Ecoute ecoute le bruit du prix de mon corps qui te remonte dans la gorge quand tu te retournes. Retourne-toi, je te paie. Mon corps. On dit dans les escaliers que j'étais ta prostituée. On me bouscule, et je te suis, un panier sur la tête. Sens, sens mon parfum qui se prépare à t'achever. Sens, sens, mes syllabes parfumées qui déracine la tour eiffel pour te l'enfonçer dans le dos. Imagine-moi tendre mes doigts vers tes pieds qui monte ces escaliers pour te faire tomber, pour te perdre dans le berceau du désir. Et imagine ensuite, ma pitié s'étendre sur la papier-peint veillis. On dit dans les chambres voisines que je ne m'allongeais jamais dans le lit. Que lorsqu'on passait aprés nous, les draps ne sont pas froissés. Que les tiroirs n'ont pas été ouvert. Que les robinets n'ont pas coulés. Que les murs n'ont pas eu a supporter les bruits. Que les rideaux n'ont pas été tirés. Que la joie n'a pas transpirer. Que la porte n'a pas été fermée à clé. Que les miroirs n'ont pas été regarder. On dit que les pas n'ont pas circulé sur le plancher. On dit que ça ressemble à une chambre abandonnée. Regarde-moi quand je range tes mains en sang dans les tiroirs discrétement. Je suis la secréte inquiétude, et mon horreur est généreuse. Comprend comprend ton nom que je ne veux pas retenir. Comprend la gifle qui supprime. Comme la douceur aprés l'orage, la solitude aprés le cadavre. On dit que j'avais des yeux de folle aprés le drame. Qui dégoulinaient sur ma poitrine agile. Tu es la vitrine dans ma bouche dégoutée d'avoir tirer sur ta peau d'amour mort. On dit que j'ai changé de disque. Et que pour danser, je me suis jetée de la fenêtre. On dit que j'ai ouvert les cuisses pour plonger dans l'eau de la mer urbaine. On dit que je n'ai pas fait attention, et que j'ai atterrie sur une petite fille. Qui assommée, s'est noyée. On dit qu'un homme me regarder. Qu'il lui manquer des mains, et qu'il pleurait de la boue. L'amour choisit la victime sans demander le prénom. On dit qu'il ressemblait à un mort. D'un geste de la main, j'ai appellé la vague. On dit qu'a ce moment j'ai crié "regarde-moi mon amour, j'ai promis de t'aimer". On dit qu'on a retrouvé nos corps dans la fontaine du centre ville, le sourire aux lévres. Et qu'avant de mourrir, j'ai dis "Bonjour" au cadavre adoré que je venais de tuer.
C.
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